Ce qui va suivre est une forme de recueil d’expériences réunies tout au long de mes travaux photographiques, collaborations ou travaux commerciaux, avec des professionnels ou des particuliers. Où l’on m’oppose souvent une notion de « photogénie ». Plus j’avance plus je me rend compte que vos chiens, vos chats, vos chevaux ont su vous aider, vous accompagner pour contrer cet aspect. Même si vous ne le verbalisez pas en ma présence j’ai pu le ressentir, le comprendre, le deviner. Alors s’il vous plait : ne me dites plus jamais « Je ne suis pas photogénique » !

Le chien, le chat, le cheval, le cochon : des éponges émotionnelles

Fut une longue époque l’animal avait une fonction plus utilitaire qu’affective comme ils le sont aujourd’hui. Ces attitudes un peu bourrues, on peut facilement les comparer à celles de nos grands-parents ou arrière grand parent, où la notion d’affection démontrée de manière franche envers son animal ne faisait pas partie du quotidien. Mais désormais l’être humain s’est un peu plus ouvert aux émotions qu’il s’autorise à ressentir, verbaliser et accepter d’assumer. Les animaux sont devenus des refuges émotionnels, des membres d’une famille. Mais un animal peut aussi apporter une force supplémentaire à certains, surtout dans le cadre de l’acceptation de soi.

L’animal de compagnie un thérapeute

C’est là que la notion de thérapeute prend encore plus son sens. Car chacun peut déjà à son niveau expliquer l’apport très fort de l’animal sur son quotidien. On évoquera forcément les animaux de compagnies pour les personnes aux pathologies médicales reconnues, mais il faut savoir regarder bien au-delà pour comprendre qu’on a tous besoin de ces thérapeutes dans notre quotidien. L’animal, qu’il soit chien, chat, cheval, ou cochon nous apporte beaucoup dans les combats de notre quotidien simples ou complexes, parfois juste pour alléger le poids de nos émotions du moment. Ou tout simplement nous aider à remporter des combats, relever des défis.

DSC9912 | Grain de Pixel - Photographe équestre et canin
Le chien, un thérapeute formidable, mais aussi une aide formidable pour lutter contre cette excuse de la photogénie, et ainsi s’accepter mieux soi même

La séance photo avec son animal : dissocier la photogénie de l’émotion

En photographie l’animal de compagnie va pouvoir aider l’être humain à passer derrière l’objectif et favoriser l’acceptation visuelle de soi. Je le vois beaucoup en séance : il est souvent complexe pour l’être humain d’accepter de se faire prendre en photo. Les excuses sont nombreuses et souvent injustifiées du moins en apparence. La notion de photogénie étant la réponse classique et traditionnelle. Mais la photogénie existe elle ?

Bien entendu que non. C’est une notion subjective de la beauté vu par autrui . Mais au final est ce que cette notion est une fin en soi ? N’est-ce pas un notion qui est devenue partie intégrante de notre quotidien influencée par les canons de beauté publicitaire qui ne reflètent en rien le quotidien, le réel ?

La notion de photogénie ne tient qu’à la volonté du modèle d’accepter de poser pour le photographe. C’est ce dernier qui saura magnifier la personne au travers de nombreux paramètres : la manière de se tenir, de regarder, de se positionner. On ne parlera pas de pose car « poser » inclue une notion de voir une personne se figer dans une attitude, et cette dernière ne sera pas forcément conforme à ce qu’il représente réellement dans sa personnalité, son savoir être. On lui intime de jouer un rôle.

Mais là encore cette notion de pose est indispensable dans certains domaines : séance photo créative, publicitaire, mode etc. Pour ma part je ne fais pas poser, je guide, je corrige des défauts de posture pour que la représentation du corps soit flatteuse en tant qu’être humain en général et non pas en tant que canon de beauté. On parle ici d’équilibre et d’harmonie des volumes du corps. Mais là encore c’est un choix personnel pour que chacun puisse s’épanouir et ne pas se sentir contraint.

Poser avec son animal de compagnie : le déblocage de soi

Poser pour une séance photo avec son animal peut tout changer. Pour contrer le fait d’être alors non plus seul, avec ce sentiment de maladresse, mal aisance à poser devant un objectif, la présence du chien ou de l’équidé va permettre de contrer ce sentiment. Car l’animal est rassurant ; on peut le toucher, le caresser, discuter avec lui, faire abstraction du photographe pour et de son regard « inquisiteur ». Avec l’animal le lien émotionnel ressort et isole : on le regarde, ça transpire l’affection et l’amour que chacun se porte. On joue, on gronde, on rigole, ça ne tient pas en place, on fait des câlins. On s’isole dans un univers d’intimité avec lui.

Capter l’émotion en photographie

Et durant ce moment, dans cette bulle d’intimité, l’émotion brute qui en ressort permet au photographe de réaliser des images. Dans cette bulle personnelle, le sujet/modèle fait abstraction de l’image qu’il va renvoyer et de ce poids qu’il peut ressentir dans la projection de sa propre image au moment voulu. Du du poids de l’objectif qui vous fixe sans savoir ce qu’il peut saisir. La notion d’inconnue s’efface. Le photographe continuera de guider par ci par là mais sera avant tout spectateur de cette relation profonde qui remet le naturel humain et animal au cœur de la scène. On les voit « eux » et non plus juste il/elle seul figé, anxieux face à l’image qu’il/elle pourra donner.

Force tranquille la belle et le poitevin grain de pixel 16 | Grain de Pixel - Photographe équestre et canin
Laisser l’émotion prendre le dessus et s’isoler avec son cheval, son chien pour laisser ce dégager l’émotion brute

Finir par s’accepter en photographie

Restera ensuite la seconde étape de cette « thérapie photographique » : se voir en photo, au cours de la présentation des images finales sublimées. La notion de retouche ne doit pas alors être une excuse ou un argument pour se cacher. On se doit tous de s’accepter tel que mais surtout s’ouvrir au regard de son entourage, souvent plus bienveillant, positif.

Et ne croyez pas que ce regard sera volontairement saupoudré de guimauve pour faire plaisir. C’est une erreur, car il est bien souvent plus réaliste et en adéquation avec ce qu’ils connaissent de nous et de notre personnalité profonde.

Se voir en photo avec son animal c’est aussi mieux accepter son image car la photo transcende la relation plus que le simple aspect physique. On lit l’émotion, le lien avec son chien, son cheval et on prend alors plus de recul que sur l’image de soi posant seul(e). On ne joue pas un rôle car on est mis à nu devant l’objectif : au naturel et sans fioritures.

Alors la prochaine fois que vous viendrez en séance photo : ne me dites pas que vous n’êtes pas photogénique. Faites moi juste confiance, lâchez prise et soyez vous même sera le plus beau cadeau que vous pourrez me faire.

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