La partie commerciale de l’activité de photographe. En tant que photographe professionnel je vous apporte ma vision, mes opinions sur la réalité de mon travail. Mon ressenti sur la photographie professionnelle afin de vous aider à faire vos choix. Voire tout simplement vous ouvrir l’esprit sur le domaine purement commercial des photographes.

Etre photographe professionnel c’est complexe. Lorsqu’on crée une activité commerciale c’est un sacré challenge. Alors ajouter le domaine équin en spécialité cela relève d’un véritable parcours du combattant que ce soit en terme de rentabilité que de survie.

Choisir de devenir photographe équestre m’a demandé nombre de réflexion. Mais aussi assumer des choix. D’une part en terme de réussite possible mais aussi en terme d’évolution future.

Créer une entreprise coûte cher et demande un investissement financier tant que personnel. Mais à bien considérer les choses c’est une aventure passionnante. Je me propose donc de vous partager mes expériences.

franck-simon-photographe-équestre-charente

Je continue sur la lancée de mon tout premier article concernant le choix de devenir photographe animalier pour les chiens, les chats, ou encore la branche de photographie équestre. J’avais au cours de ce premier article essayé de vous présenter le cheminement à suivre pour faire de cette discipline votre éventuel métier. Mais ais –je bien véhiculé le message que j’étais censé faire passer ? Je n’en suis pas certain. Je suis donc reparti avec un billet volontairement vitriolé. Pourquoi ? Pour vraiment mettre en avant certaines réalités qui sont souvent passées sous cape du fait du côté moins glamour. Et ce côté glamour du métier il faut le démystifier. Le démystifier pour que chacun puisse réfléchir sérieusement à son choix.

franck-simon-photographe-équestre-charente

Pourquoi je ne vous conseillerais pas ou peu cette voie et devenir photographe équestre ?

Quand j’ai choisi de m’installer en tant que photographe équestre j’avais une notion importante à ne pas négliger : une véritable expérience de terrain en tant que professionnel du monde hippique. Je ne parle pas d’expérience en tant que propriétaire de cheval ou encore cavalier assidu. Je parle bien de réelle expérience concrète. Travailler dans le milieu c’est autre chose que d’y passer le mercredi et le samedi et rentrer chez soi après son cours d’équitation. Travailler dans le milieu, peu importe la fonction c’est pouvoir apprécier la réalité des choses : le milieu équestre est un milieu dur, fermé et très complexe. N’y voyez pas une critique c’est important de voir les choses avec manière. Non ce qui vous semble génial quand vous êtes client n’est pas forcément la même chose de l’autre côté. Et la photographie c’est la même chose : passer de sa passion à son gagne-pain c’est passer parfois voire souvent par des chemins de croix. L’herbe qui semblait si verte ne vous sera pas accessible aussi facilement… Il va falloir bosser pour la mériter et en parallèle être capable de la conserver…

cheval-mouvement-franck-simon-photographe-équestre

Concours hippique et réalité du terrain en photographie

Venir en concours en tant que simple cavalier et déambuler entre les parcours c’est une chose : on discute, on commente les tours, on fait les recos avec les copains et les copines, on va se promener au paddock on va se boire un verre. Mais le photographe lui c’est autre chose : il se doit d’être présent chaque week-end de concours aux aurores et repartir à la clôture. C’est être capable d’enchaîner tous les tours, les pieds dans la boue. La pause ,et c’est un grand mot, c’est entre deux épreuves : elle est destinée à vider les cartes mémoires, montrer les photos aux clients, se transformer en commercial pour vendre des tirages, expliquer à chaque personne comment passer commande, localiser le passage du client et lui montrer ses photos et ce tout de suite. Puis, repartir pour une épreuve et ainsi de suite. Le tout contre vents et marées, sous la pluie, le vent, le froid et le chaud. Chaque tour compte et chaque tour est un client éventuel à satisfaire. Pas de place pour le confort il faut rester debout dans le sable à patauger ou à brûler sous le soleil et shooter encore et encore. Revenir au stand pour vider les stocks de cartes mémoires, visionner, montrer, commander, repartir…

Quand la réalité s’oppose au reste : le photographe amateur vs le professionnel

Alors oui c’est chouette vu de l’extérieur : le photographe au soleil au milieu de la carrière qui saisit chaque cavalier, une occasion de réaliser des images incroyables. Il connait tout le monde ou tout du moins tout le monde le connait. Il a la classe avec sa veste floquée « photographe ». Il vend du rêve. C’est un « pro » avec du super matos de pro. Je vais vous dire une chose : c’est sympa quand on shoote pour soi depuis les gradins en tant que photographe amateur, passionné. On s’amuse, on couvre une épreuve, on fait des essais, on prend le temps de choisir ses cavaliers. Après on va discuter, boire un coup, manger avec les potes. «Waw elles sont chouettes tes photos tu devrais en faire ton métier je t’assure ! ». Puis rentrer tranquillement parce qu’on fatigue et qu’on veut quand même aller à l’apéro. On reviendra demain pour le Grand prix. « Demain matin 8h ? Non trop tôt et les épreuves ne sont pas top ». Arriver à la maison vider sa carte mémoire et regarder ses prises. Travailler quelques images pour voir ce que ça donne et éteindre le pc parce qu’on verra ça demain. Reprendre ses images une semaine après et envoyer 450 photos sur son facebook pour les potes. On est super content ce qui est normal. Se faire complimenter par ses amis super heureux d’avoir des photos trop bien et surtout gratuites. C’est vrai le pro il a des photos chouettes mais waw 15 balles le tirage en 20×30 ce n’est pas donné. En plus il a juste à appuyer sur un bouton. Allez traversons le miroir comme Alice pour voir ce qui se cache de l’autre côté.

bibibull studio photo cheval - Franck SIMON, photographe équestre et animalier - graindepixel.fr

Le photographe pro vs le photographe amateur

On parlait tout àl’heure de votre production d’image et des compliments. C’est gratifiant mais la phrase est souvent issu d’amis qui sont sympas, veulent faire plaisir et n’ont aucun recul sur le métier ou sur la qualité de votre production d’image. Allez voir le photographe de l’épreuve.  Demandez-lui si ce job vend autant de rêve que vous pensez… Mais allez le voir en fin de journée voire de week-end quand il a saisi pas loin de 2000 cavaliers dans la journée, fait 250 tirages, visionné 4-5000 images et vu passer 20 fois les mêmes cavaliers qui veulent revoir encore leurs photos, quand il commence juste à rêver à un bon lit et de pouvoir manger un bout après 13h de travail ininterrompu, quand il doit encore tout ranger avant de faire les 300 km qui le sépare de son domicile. Où là encore il ne pourra se poser qu’après avoir assuré la sauvegarde de toutes ces images et commencé à trier les épreuves. Et oui le client a commandé, payé et il veut ses tirages. Logique. Donc pas de place pour le repos. Puis revenez trois jours après quand il aura fini de traiter l’ensemble de la commande, vu défiler des milliers de cavaliers sautant un obstacle quasi identique, envoyé les fichiers sur les galeries pour les clients, mis sous enveloppe les tirages déjà commandés etc. Le tout à raison de 12h de travail par jour voire 14 ou 15h. Ouffff enfin du repos ? Du temps avec sa famille ? Non c’est le moment de refaire les sacs et repartir sur les épreuves après avoir mis à jour sa comptabilité en retard, répondu aux 50 mails en attente, réalisé 10 devis pour des clients. Un cycle recommence.

Mais il est passé où le glamour de l’image du photographe de concours hippique ?

J’avoue c’est un état des lieux un peu vitriolé mais avec une certaine part de vérité voire une très très grosse part. Le glamour du métier c’est la perception que vous avez depuis l’extérieur. Oui c’est fantastique de faire d’une passion un métier, de vivre au milieu des chevaux, de faire plein de rencontres, de shooter de grands cavaliers. On crée de l’image. Le photographe artiste est pour vous un véritable rêve.  Mais derrière il faut songer que l’entreprise doit fonctionner et coûte de l’argent : frais, matériel, assurance, carburant, véhicule, charge. Et pour financer tout ça il faut abattre un maximum de travail en un minimum de temps. Etre son propre chef c’est génial : indépendance, emploi du temps aménagé. Mais en fait on bosse tout le temps. On bosse même beaucoup plus qu’une personne employée qui s’arrête à heures fixes. On bosse car on ne peut pas s’arrêter car les factures continueront. On bosse car on veut satisfaire et fidéliser notre clientèle, être aux pti soins pour elle. Pas de travail pas de salaire à dégager et l’entreprise part au va à l’eau. On shoote beaucoup certes mais sur des concours hippique l’intérêt artistique est vite limité voire parfois totalement nul. Sauf sur des commandes spécifiques où on est mandaté et payé par un client pour une mission sur par exemple un CSI *** afin de couvrir les coulisses. Mais le reste du temps soyons franc c’est de l’abattage : un cavalier, deux obstacles ciblés, on compose, on anticipe, on focus, clic, clac, suivant ! La prise de vue c’est 10% de mon temps. le reste c’est comptabilité, traitement, retouches, échanges clients, commande etc.

cheval-liberté-franck-simon-photographe-équestre

Mais photographe de concours c’est accessible à tous

Je vais revenir sur un sujet sensible : le photographe passionné, amateur. Celui qui va vendre ses tirages pour de l’argent de poche ou encore juste offrir pour le plaisir de partager. A savoir qu’on ne ne peut vendre des prestations ou des services sans être déclaré au préalable.  C’est la seule différence entre l’amateur et le pro : le numéro de siret. Le siret permet de vendre mais en échange d’un (gros) pourcentage de charges reversées à l’Etat (pour simplifier au maximum).  Les tarifs  trop cher ? L’amateur ne doit pas ajouter charges, dépenses, matériel et autres frais, c’est du loisir. Secondo : entre la plupart des photographes amateurs et passionnés et les professionnels la différence sera l’obligation de résultats. Une photo ratée pour un loisir ce n’est pas grave, pour le professionnel il vaut mieux avoir des clichés propre pour réaliser une vente. Car prendre des photos ce n’est pas faire des photos. Faire des photos c’est cadrer, composer, déclencher, trier, traiter. Ce sont des compétences à acquérir et à maitriser. Sans ça le client du professionnel sera mécontent et à juste titre. Pour perdurer dans le métier il faut être un bon commercial mais aussi un bon photographe. Quoique un excellent commercial et mauvais artisan s’en sort souvent beaucoup mieux que l’inverse. Donc ce n’est pas parce qu’on aime faire des photos que le passage à un statut de professionnel soit forcément une bonne idée. Derrière il y a un réel engagement, une réelle responsabilité que l’on n’avait pas juqu’à maintentant. Si c’est juste pour marquer “photographe professionnel” et vouloir une reconnaissance de son travail, vous faites un très mauvais choix.

Non le métier de photographe de concours ce n’est pas si simple et si glamour

Donc non photographe de concours c’est comme groom, cavalier professionnel ou coach on vit à 300%. On ne s’arrête que peu. Le week-end est très intensif, la semaine qui suit pareil et les seuls moments de détente qu’on arrive à capter c’est en fin de journée au moment de boucler. Un métier difficile qui oblige à être toujours à fond, ne jamais s’arrêter pour que l’entreprise continue de tourner, se former en permanence, se remettre en question, douter souvent. Alors avant de vouloir quitter trop vite vos gradins ou la lice, prendre votre boitier pour quelques parcours et choisir ce job : étudiez le marché, la concurrence existante. Etudiez les contraintes d’une entreprise même en micro. Réfléchissez au temps que vous allez devoir y consacrer pour être rentable. Pensez au confort que vous allez devoir quitter. Derrière des stéréotypes parfait la dure réalité se cache souvent une difficulté à laquelle on ne s’attend pas : seconde activité pro, faire de la photo sociale (mariage, scolaire etc) pour que l’entreprise tourne.

Si je ne vous ai pas encore totalement refroidi c’est que vous êtes sur la bonne piste. Soyez convaincant et montrez-vous. Et sachez une chose : ce sera difficile, il faudra remettre 100 fois son travail sur le métier, se relever après avoir pris des coups. Car faire plaisir et offrir ses photos c’est comme donner un cours d’équitation pour le plaisir. Quand il faut expliquer que désormais la prestation est payante c’est autre chose. Mais vous serez aussi fier de ce que vous aurez créé. Même si ça ne vous rapportera pas grand au chose au départ il faut se dire que l’on crée, on fabrique. Et ça n’a pas de prix. Pour ma part j’ai souhaité mettre le concours hippique de côté pour me tourner essentiellement vers la photo artistique équine et animalière. Là encore c’est un choix réfléchi et en accord avec mes attentes. Comme vous le constatez je laisse le domaine libre à mes confrères et consoeurs photographe en Poitou Charente et Nouvelle Aquitaine. A votre tour de vous remettre en question. Et puis vous savez rester passionné c’est une bonne chose aussi et cela n’enlève rien à vos capacités artistiques. Il y a de nombreux photographes passionnés bien plus compétent que certains professionnels. Ne l’oubliez pas !

Qu’entend-on par professionnels du monde équestre

J’entends par professionnels du monde équestre toutes entreprises, personnes morales, physiques ayant une activité déclarée dans le milieu hippique. Pour ma part je prends toujours le temps de faire une recherche. De voir quel type de structure requiert mes services. N’entendez pas par là que j’enquête. Non c’est l’inverse : je me documente sur l’activité. Tout bon photographe s’occupe de son client, s’y intéresse. De cette façon lors du premier contact ensemble je suis de suite plus à même de comprendre son activité, sa clientèle. Nombre de métiers autour du cheval se créent et je ne suis personnellement pas totalement documenté sur l’ensemble du panel des professions équestres. C’est l’occasion de découvrir des professions méconnues.

au pré des chevaux-professionels monde équestre-franck simon-grain de pixel

Lénora Dumortier, école d’équitation et formation d'”Au Pré des Chevaux” à Pressac (86)

Quels vont être les objectifs

En premier lieu la question à se poser va être : quel est le but de la prestation. Réaliser de jolies photos c’est certain. Mais pour pouvoir les réaliser il faut aller au cœur de l’attente. Un simple reportage traditionnel afin de documenter un site et mettre en avant la structures ou encore les installations. On peut aussi répondre au souhait de travailler sur la communication visuelle d’un cavalier. Les élevages rechercheront plus une mise en valeur de leurs étalons ou produits. Ou on doit aussi faire face à des situations qui vont demander un travail plus précis et plus recherchés : mettre en valeur des professions dont il est complexe de montrer le savoir-faire en image. Il est donc primordial d’inciter le professionnel à réfléchir sur ses attentes, le conseiller, répondre aux questions. S’intéresser à son travail, ses valeur, son étique, sa personnalité. Il faut connaitre et comprendre pour personnaliser le travail.

Séance studio organisée à Equites au Logis de Rancogne à Mons.

Comment travailler ensemble

Travailler avec un professionnel du monde de l’équitation ne s’improvise pas. En effet rares encore sont les professionnels du milieu hippique qui osent ou pensent à faire appel à un photographe équestre. A l’heure actuelle bien trop de personnes pensent pouvoir gérer aux même leur communication visuelle : à l’aide d’amis, de matériel personnels, du smartphone etc. Question de budget, question de méconnaissance. Je ne me permettrais pas de juger. Ajoutez le fait que les photographes spécialisés dans le cheval sont rares. Et pourtant ils ont cet œil précis et adapté, et pensent comme eux. C’est pour ces raisons que je prends le temps d’expliquer comment je travaille, quelles sont mes attentes, mes besoins pour réaliser un reportage adapté, qui colle à leur identité, leur image. J’écoute ce qu’ils souhaitent, je les oriente au besoin ou affine si le projet est déjà bien installé et clair.

equites-professionnels monde equestre-franck simon-grain de pixel

Structure équestre d’Equites au logis de Rancogne en Charente

Savoir expliquer le travail du photographe

Je ne me permets pas de dire à un professionnel comment travailler ou comment gérer ses chevaux. C’est son métier. Pour moi l’important est par contre de lui expliquer comment je travaille, comment je vais me positionner. Grâce à ces informations il peut choisir les chevaux, la façon dont il va les mettre en valeur, les présenter. Repérer les lieux qui seront choisis pour réaliser la séance. En effet on ne partage pas les mêmes visions. J’apporte donc au professionnel les paramètres à prendre en compte. C’est ce que j’appelle travailler en complémentarité : chacun apporte son savoir et le met en commun. Ainsi on optimise vraiment le travail et les images produites

Marion Tarbel et Venise. Physiothérapeuthe pour chevaux à LizonnesEquitation

La prestation commerciale et les droits d’utilisation

La prestation comporte le temps passé à réaliser la prestation, le déplacement, le post traitement. C’est une partie de l’ensemble de la réalisation. Avec la prestation qu’on va considérer comme main d’œuvre on va ajouter la partie patrimoniale.

Il y a un domaine dans lequel il est compliqué d’expliquer les choses : le droit d’utilisation des images à titre commercial. Il est primordial de comprendre que l’usage commercial de visuels se cède sur une durée déterminée et se renouvelle. Oui le photographe reste propriétaire de son droit d’auteur et cède au professionnel le droit de diffuser ses photos pour son activité. Non le fait d’acheter une prestation ne donne pas le droit d’utilisation éternelle des images. Les droits d’utilisation sont cédés via un contrat écrit et détaillé qui sera présenté à chaque acteur de la chaîne graphique ou/et de communication. Ces acteurs doivent le demander pour s’assurer que la commande soit réalisée avec des visuels autorisés. Non la photo libre de droit n’existe pas. Il y a toujours un auteur.

Il faut donc bien différencier la photographie privée où l’auteur cède des droits d’utilisation dans un cadre familial pour un particulier et la photographie commerciale qui obtient le droit d’utiliser ses images pour un usage commercial et publicitaire à un professionnel.

De même chaque photo utilisée sous quelle forme que ce soit ne devra ni être modifiée, ou retouchée. A cela s’ajoute l’obligation légale de mentionner l’auteur de la photographie. Non une « simple » photo ne peut être publiée ici où là sans oublier de mentionner l’auteur de l’image. Il faut donc être vigilant quand aux parution en magazine et presse.

Photo réalisée pour la collection de sous-vêtement Charles de Nevel

Les chevaux, l’apport de chacun

Le sujet sur lequel il est facile d’axer le travail c’est bien sûr les chevaux. Le sujet qu’on partage, qu’on comprend. On parle le même langage. C’est pour ça qu’il est important d’être issu du milieu équin. Pour pouvoir se faire comprendre et surtout travailler en toute sécurité.  Travailler avec des professionnels c’est avant tout avoir une attitude professionnelle : maitriser, sécuriser la prestation sur place, savoir, répondre de façon claire et précise. Et c’est le cas pour les deux partis. C’est aussi pour moi un fabuleux moyen d’accéder au savoir et d’échanger, de découvrir. Un professionnel passionné apporte toujours énormément à ma culture équestre. Quant à moi je lui apporte ma vision de photographe. Et rien ne me fait plus plaisir de les voir découvrir les clichés à l’issue du travail.

Le docteur Minh Tam FRANCK, vétérinaire et ostéopathe à Animolistic

Il est important

Pour les futurs photographes qui veulent se lancer dans la photographie équestre il est important que vous arriviez à un niveau de maturité en matière de photographie. Le travail avec des professionnels requiert du sérieux, une implication forte. L’impact des visuels pour leurs communications sera primordial pour que l’activité soit réellement mise en valeur, et leur permette de se démarquer. Aux professionnels de l’équitation qui me liraient je vous dirais une chose : oui le budget de la communication visuelle représente un poste de dépense important. Mais la valeur ajoutée de l’image réalisée par un professionnel vous apportera un réel impact auprès de votre clientèle.

photographe et professionnels du monde équestre - franck simon-grain de pixel

Fabrice Blin et son étalon ullivane

Les stages et le photographe. Qu’est-ce que cet article et pourquoi me direz-vous ?

Rassurez-vous je vais faire assez court. Très souvent je reçois la question par mail : “prenez vous des stagiaires ?”. Que ce soit des stages de découvertes pour des élèves de troisième mais aussi des stages pour des élèves en formation en école de photographie.

Est-ce que j’accepte des stagiaires ?

La réponse est non. En effet avec deux activités pro au compteur je ne peux clairement pas accueillir dans des conditions décentes quelqu’un en stage. D’une parce que mon activité photo est aléatoire (cf mon article précèdent) et d’autres part car pour accueillir un stagiaire dans de bonnes conditions il faut créer un cadre bien défini avec des objectifs d’apprentissage. Oui accueillir un stagiaire pour lui faire servir le café et emballer des clichés très peu pour moi. Ma définition d’apprentissage et de transmission de savoir est bien trop importante pour accepter de reléguer quelqu’un à cette place.

Pourquoi je veux qu’un stagiaire vienne faire autre chose que le café ?

Si j’étais en mesure d’accueillir un stagiaire quel qu’il soit mon but premier sera, suivant le cas de figure, lui permettre accroître ses connaissances ou de lui ouvrir l’esprit sur la discipline, son avenir économique ou encore d’améliorer sa pratique. Forcément servir le café c’est pratique mais le stagiaire esclave très peu pour moi. Je suis le seul élément de mon entreprise et non THE photographe star. Et encore même comme ça j’aurais du mal à le concevoir. Un stagiaire ce n’est pas un fichu esclave ni un joli vase à déposer dans votre entrée. Non il n’est pas là pour se taper toute la merde. Il est là dans un objectif d’apprentissage et de revenir au sein de son école avec des vraies notions et une nouvelle approche bien plus concrète que la théorie de l’école en tout et pour tout.

Pourquoi ne puis-je pas dégager du temps par ci par là ?

Parce qu’un stage ce sont des dates fixes et une durée trop importante. Même quelques jours. En clair il faudrait que je dispose de vacances ou de suffisamment de séances sur quelques temps afin de l’occuper. Ce qui est juste impossible. Ma charge de travail comme je l’ai expliqué reste trop aléatoire pour permettre de recevoir et occuper une personne à temps plein. Et pourtant ce n’est pas faute d’envie ou de manque d’expérience dans la transmission de savoir et de connaissances.

Pourquoi les photographes ne prennent pas de stagiaire

Pour les animaliers, équestre et autres je pense que c’est plus ou moins le même combat. Hormis quelques rares professionnels disposant d’un carnet de commande vraiment costaud ou des journalistes ce sera complexe. Pour les autres disciplines je ne peux m’avancer. Pour beaucoup je pense que c’est avant tout l’envie qui manque. L’envie de transmettre un savoir n’est pas forcément acquis à chacun. Certains voient donc dans le stagiaire une corvée ou un esclave corvéable à merci soyons francs. Je n’ai pas dit tout le monde hein ! Mais une petite partie j’en mettrais ma main à couper. D’autres n’auront pas le temps physique etc.

Des conseils aux stagiaires ?

Ne rien lâcher, fouiller, s’obstiner, chercher. Je sais c’est difficile. Si j’avais une activité plus remplie j’aurais déjà accepté du monde. Certes mes critères d’acceptation auraient inclus une forte motivation obligatoire. Car transmettre c’est bien mais encore faut-il un élève réceptif et dynamique. Pour continuer je ne saurais vous conseiller de vous diriger d’abord vers des photographes ayant une boutique physique, une activité grand public. Les photographes équestres et animalier (et qui ne font que ça) seront plus difficiles à trouver du fait de leur rareté, de la période d’activité et de leur charge de travail.

N’oubliez pas : devenir photographe professionnel fait rêver mais la réalité est autre que celle que vous imaginez. Non on ne passe pas les trois quart de nos journées à faire de la photo. Bien au contraire… Donc réfléchissez bien avant dans le choix de votre orientation scolaire. Une passion qui devient métier ce n’est pas toujours accessible ni une bonne décision. Chaque choix doit se mesurer pour éviter un possible échec.

Devenir photographe équestre

Je reçois de nombreux mails pour savoir comment je me suis formé, quelle école, comment suis-je arrivé là, est ce que c’est mon activité principale bref plein de questions et je vais vous donner les réponses. Je parle de réponses pas de clés. Vous donner les clés pour atteindre votre objectif dépend de vous avant tout et des nombreux paramètres de votre vie et contraintes. Cet article va évoluer pour s’enrichir et surtout suivre le fil de mes pensées.

Comment ais je appris ?

Je suis autodidacte. C’est-à-dire que je me suis formé seul à l’aide des outils dont je disposais : ouvrages, presse, vidéos. Mais et surtout du travail et de la pratique. Ne croyez pas que j’ai réussi du premier coup, moi aussi j’ai fait des horreurs (j’en fais encore). Des photos floues, mal cadrées, cramées, bref de la daube mais une daube qui à ce moment précis me semblait juste le summum de la perfection. Normal hein. Avec le recul on apprend à être plus critique envers son travail, grâce entre autre à la progression et le regard sur des travaux issus de photographes bien meilleurs. Cela apprend l’humilité et la motivation à tirer ses compétences vers le haut.

Suis-je définitivement un bon photographe, un vrai artiste ? Pour ma part j’ai encore du chemin à parcourir, des compétences à acquérir. En clair je suis en formation permanente puisque je ne cesse d’apprendre, de progresser, d’avancer. Parce que tous les photographes progressent sans cesse même les plus grands. Et celui qui le nie est vraiment à côté de ses pompes ou manque sérieusement d’humilité.

Voltige cosaque - Grain de Pixel -Photographe équestre
Est-ce ma seule activité ?

Non ! Pourquoi ? Là on déborde sur ma partie privée 😀 J’ai besoin d’un job alimentaire pour vivre moi ma progéniture etc. C’est indispensable. Je ne pourrais à l’heure actuelle me lancer juste en photo en activité unique pour bien des raisons. Non pas que je ne souhaiterais pas mais techniquement c’est suicidaire. Mais ma situation n’est pas la vôtre. Donc je vis avec deux activités pro et c’est difficile à faire cohabiter avec sa vie privée. Mais je le répète c’est un choix animé par des raisons qui me concerne.

contactez-moi
Est-ce que c’est une activité viable ?

Là on touche un point pertinent. La photographie équestre et animalière n’est à mes yeux pas encore un domaine assez viable dans le cadre d’une activité unique et ne pratiquer QUE ce type de photographies. Je précise que je n’assure pas la couverture des concours hippiques ou autres manifestations du même type. Pourquoi  ? Car c’est une facette purement commerciale, brute du travail de photographe. Je sais que mon opinion ne sera pas partagée par mes confrères mais ça reste du travail d’usine. On ne peut pas soigner son travail comme avec une séance personnalisée. Il faut vendre en quantité et rapidement sur le terrain. Pas de création, pas d’art au sens propre. C’est de la photo sportive. Mais ça fait partie intégrante de la vie d’un artisan. On ne peut pas toujours se permettre de choisir ce que l’on veut faire. Il faut faire tourner la boutique !

J’ai pour ma part le luxe de pouvoir choisir de ne pas le faire. Et oui déjà que je pratique ça en seconde activité ce serait tuer tout semblant de vie sociale (enfin le peu qu’il me reste déjà) si j’ajoutais ça à mes cordes. Mais je le répète c’est un choix assumé. Si je le fais certes je rentabiliserais peut être plus mon activité mais je bosserais tout le temps : la semaine en journée pour mon travail alimentaire et la nuit pour boucler mes traitements du week-end sur les concours.

Par contre celui qui espère en vivre à 100% il va falloir intégrer les concours hippiques ! Hé oui les séances particulières ne vont pas pouvoir vous nourrir…

A ceci ajoutons que ce type d’activité cible un public très précis. On est loin d’attirer autant de clients que la photographie de mariage, scolaire etc. C’est donc à une petite partie de la population que les prestations vont s’adresser. Il faut voir la concurrence : existe-t-elle, quelle est sa qualité, son activité. Il faut apprendre à se démarquer sur le plan qualitatif, sortir de la masse. Est-on proche de grandes agglomérations, est ce que les infrastructures hippiques sont nombreuses, les manifestations etc. Il faut tout étudier pour s’assurer une viabilité déjà complexe à la base.


Qu’est ce qui me manque ?

Je pense que ce qui me manque personnellement c’est un studio physique : un local dédié à des séances animalières facile d’accès. Je parle juste des chiens et chats. Ouvrir un studio pour chevaux demanderait une infra structure un peu trop importante 😀 Mais est ce que le studio physique suffirait à rendre mon activité plus viable ? Il faut ajouter alors les frais de location, les charges du local, l’aménagement, l’ameublement. Donc des coûts supplémentaires à prendre en compte. Il faudrait donc rendre cette activité à plein temps pour amortir les coûts.


Est-ce que je m’en sors financièrement

A l’heure actuelle et avec la démocratisation des appareils numériques je dois comme beaucoup cohabiter avec des photographes amateurs qui vendent leurs prestations au bla…, au clients qui m’annoncent que je suis bien trop cher et qu’ils ont une copine qui a un appareil photo qui peut faire pareil et j’en passe.

Et oui dur de lutter contre un photographe amateur qui propose des shoot à 50 balles avec remise de 500 photos haute définition. La qualité est inexistante mais un client regarde bien trop souvent le prix avant le travail (je vous rassure pas tous !!!)

Mais cette partie est la plus simple. La plus complexe ce sont les charges (URSAFF etc.), les impôts (revenus, entreprise), le carburant, les assurances, le matériel, les nouvelles charges et obligations. Avec ceci on mélange tout pour obtenir un coût à l’heure. Ce coût il faut que je l’intègre dans mon processus de travail : prise de contact client, établissement de devis, déplacement sur site, prise de vue, retour, tri des photos, développement, retouches, sélection finale, mise en ligne, envoi des fichiers. Je mixe le tout et j’obtiens un taux horaire. En multipliant ce taux par le nombre d’heure travaillé j’obtiens s mon tarif client.

Est-ce rentable une fois toutes les charges déduites ? Tout juste. Je ne suis pas riche à mourir mais je m’en sors juste juste. Car l’activité annuelle n’est pas encore assez importante pour m’apporter un confort financier permettant d’investir dans des projets personnels. J’amène mes compte juste à l’équilibre en fin d’année et encore… équilibre est un bien grand mot. Disons que je travaille sereinement sous couvert de mon numéro SIRET et accompagné d’une assurance qui me couvre en cas d’accident…


Alors rester passionné ou passer pro ?

Passer pro c’est simple sur le papier. La réalité est plus complexe. Libre à chacun de tester la micro entreprise voire carrément l’entreprise individuelle ou autre montage. Mais il faut vraiment et j’insiste calculer tout ! Gagner c(‘est bien mais être rentable c’est mieux. Beaucoup oublient de calculer la rentabilité et l’amortissement 😉 En tant que passionnés point de contraintes vous shootez quand vous voulez dans les conditions que vous voulez. Je n’ai pas la science infuse mais avant de faire un choix réfléchissez et pour de vrai pas juste une nuit.

Avez vous les compétences ? Lles épaules assez solide ? Avez vous prévu de quoi survivre financièrement en cas de problème ? Possédez vous une clientèle fiable (sans parler des ami(e)s en vue ? Une idée des tarifs à pratiquer ? Etes vous conscient qu’être artisan c’est d’abord et avant tout passer du temps à courir le client, faire de la pub, de la compta, de la paperasse en pagaille, vivre avec une épée de Damoclès sur la tête, faire des devis, fuir son banquier bref la prise de photos ne représente quasiment rien par rapport au reste….

Il faut avant tout sortir du cliché du photographe qui passe son temps à écumer les séances, toujours frais et dispo. Derrière le mot professionnel on trouve d’abord le chef d’entreprise. Monter une entreprise demande du courage, de la motivation et surtout accepter de douter souvent, se remettre en question presque perpétuellement, se demander si c’est raisonnable…

Alors un conseil : réfléchissez, soyez sûr de vous et de votre engagement. C’est une épreuve passionnante mais dure.

Faire appel à un photographe professionnel c’est avant tout choisir un travail d’artisanat. Un œil, une vision artistique voire atypique. Je propose de sublimer votre animal. De vous remettre des images, des moments, un instant passé ensemble avec votre animal dont vous vous souviendrez longtemps en regardant vos photographies.

Faire appel à mes services c’est vous offrir tout ça. Mais comme tout service il faut que je puisse en vivre même si c’est compliqué par rapport au temps que je consacre à cette activité. Alors je décrypte pour vous comment est utilisée cette somme faramineuse que je vous réclame pour une séance et vous démontrer que je ne m’enrichis pas sur votre dos. A moins que m’enrichir d’émotions soit le véritable coût  😉


Prenons l’exemple d’une séance classique équine :
Lire la suite