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Devenir photographe équestre

Je reçois de nombreux mails pour savoir comment je me suis formé, quelle école, comment suis-je arrivé là, est ce que c’est mon activité principale bref plein de questions et je vais vous donner les réponses. Je parle de réponses pas de clés. Vous donner les clés pour atteindre votre objectif dépend de vous avant tout et des nombreux paramètres de votre vie et contraintes. Cet article va évoluer pour s’enrichir et surtout suivre le fil de mes pensées.

Comment ais je appris ?

Je suis autodidacte. C’est-à-dire que je me suis formé seul à l’aide des outils dont je disposais : ouvrages, presse, vidéos. Mais et surtout du travail et de la pratique. Ne croyez pas que j’ai réussi du premier coup, moi aussi j’ai fait des horreurs (j’en fais encore). Des photos floues, mal cadrées, cramées, bref de la daube mais une daube qui à ce moment précis me semblait juste le summum de la perfection. Normal hein. Avec le recul on apprend à être plus critique envers son travail, grâce entre autre à la progression et le regard sur des travaux issus de photographes bien meilleurs. Cela apprend l’humilité et la motivation à tirer ses compétences vers le haut.

Suis-je définitivement un bon photographe, un vrai artiste ? Pour ma part j’ai encore du chemin à parcourir, des compétences à acquérir. En clair je suis en formation permanente puisque je ne cesse d’apprendre, de progresser, d’avancer. Parce que tous les photographes progressent sans cesse même les plus grands. Et celui qui le nie est vraiment à côté de ses pompes ou manque sérieusement d’humilité.

Voltige cosaque - Grain de Pixel -Photographe équestre
Est-ce ma seule activité ?

Non ! Pourquoi ? Là on déborde sur ma partie privée 😀 J’ai besoin d’un job alimentaire pour vivre moi ma progéniture etc. C’est indispensable. Je ne pourrais à l’heure actuelle me lancer juste en photo en activité unique pour bien des raisons. Non pas que je ne souhaiterais pas mais techniquement c’est suicidaire. Mais ma situation n’est pas la vôtre. Donc je vis avec deux activités pro et c’est difficile à faire cohabiter avec sa vie privée. Mais je le répète c’est un choix animé par des raisons qui me concerne.

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Est-ce que c’est une activité viable ?

Là on touche un point pertinent. La photographie équestre et animalière n’est à mes yeux pas encore un domaine assez viable dans le cadre d’une activité unique et ne pratiquer QUE ce type de photographies. Je précise que je n’assure pas la couverture des concours hippiques ou autres manifestations du même type. Pourquoi  ? Car c’est une facette purement commerciale, brute du travail de photographe. Je sais que mon opinion ne sera pas partagée par mes confrères mais ça reste du travail d’usine. On ne peut pas soigner son travail comme avec une séance personnalisée. Il faut vendre en quantité et rapidement sur le terrain. Pas de création, pas d’art au sens propre. C’est de la photo sportive. Mais ça fait partie intégrante de la vie d’un artisan. On ne peut pas toujours se permettre de choisir ce que l’on veut faire. Il faut faire tourner la boutique !

J’ai pour ma part le luxe de pouvoir choisir de ne pas le faire. Et oui déjà que je pratique ça en seconde activité ce serait tuer tout semblant de vie sociale (enfin le peu qu’il me reste déjà) si j’ajoutais ça à mes cordes. Mais je le répète c’est un choix assumé. Si je le fais certes je rentabiliserais peut être plus mon activité mais je bosserais tout le temps : la semaine en journée pour mon travail alimentaire et la nuit pour boucler mes traitements du week-end sur les concours.

Par contre celui qui espère en vivre à 100% il va falloir intégrer les concours hippiques ! Hé oui les séances particulières ne vont pas pouvoir vous nourrir…

A ceci ajoutons que ce type d’activité cible un public très précis. On est loin d’attirer autant de clients que la photographie de mariage, scolaire etc. C’est donc à une petite partie de la population que les prestations vont s’adresser. Il faut voir la concurrence : existe-t-elle, quelle est sa qualité, son activité. Il faut apprendre à se démarquer sur le plan qualitatif, sortir de la masse. Est-on proche de grandes agglomérations, est ce que les infrastructures hippiques sont nombreuses, les manifestations etc. Il faut tout étudier pour s’assurer une viabilité déjà complexe à la base.


Qu’est ce qui me manque ?

Je pense que ce qui me manque personnellement c’est un studio physique : un local dédié à des séances animalières facile d’accès. Je parle juste des chiens et chats. Ouvrir un studio pour chevaux demanderait une infra structure un peu trop importante 😀 Mais est ce que le studio physique suffirait à rendre mon activité plus viable ? Il faut ajouter alors les frais de location, les charges du local, l’aménagement, l’ameublement. Donc des coûts supplémentaires à prendre en compte. Il faudrait donc rendre cette activité à plein temps pour amortir les coûts.


Est-ce que je m’en sors financièrement

A l’heure actuelle et avec la démocratisation des appareils numériques je dois comme beaucoup cohabiter avec des photographes amateurs qui vendent leurs prestations au bla…, au clients qui m’annoncent que je suis bien trop cher et qu’ils ont une copine qui a un appareil photo qui peut faire pareil et j’en passe.

Et oui dur de lutter contre un photographe amateur qui propose des shoot à 50 balles avec remise de 500 photos haute définition. La qualité est inexistante mais un client regarde bien trop souvent le prix avant le travail (je vous rassure pas tous !!!)

Mais cette partie est la plus simple. La plus complexe ce sont les charges (URSAFF etc.), les impôts (revenus, entreprise), le carburant, les assurances, le matériel, les nouvelles charges et obligations. Avec ceci on mélange tout pour obtenir un coût à l’heure. Ce coût il faut que je l’intègre dans mon processus de travail : prise de contact client, établissement de devis, déplacement sur site, prise de vue, retour, tri des photos, développement, retouches, sélection finale, mise en ligne, envoi des fichiers. Je mixe le tout et j’obtiens un taux horaire. En multipliant ce taux par le nombre d’heure travaillé j’obtiens s mon tarif client.

Est-ce rentable une fois toutes les charges déduites ? Tout juste. Je ne suis pas riche à mourir mais je m’en sors juste juste. Car l’activité annuelle n’est pas encore assez importante pour m’apporter un confort financier permettant d’investir dans des projets personnels. J’amène mes compte juste à l’équilibre en fin d’année et encore… équilibre est un bien grand mot. Disons que je travaille sereinement sous couvert de mon numéro SIRET et accompagné d’une assurance qui me couvre en cas d’accident…


Alors rester passionné ou passer pro ?

Passer pro c’est simple sur le papier. La réalité est plus complexe. Libre à chacun de tester la micro entreprise voire carrément l’entreprise individuelle ou autre montage. Mais il faut vraiment et j’insiste calculer tout ! Gagner c(‘est bien mais être rentable c’est mieux. Beaucoup oublient de calculer la rentabilité et l’amortissement 😉 En tant que passionnés point de contraintes vous shootez quand vous voulez dans les conditions que vous voulez. Je n’ai pas la science infuse mais avant de faire un choix réfléchissez et pour de vrai pas juste une nuit.

Avez vous les compétences ? Lles épaules assez solide ? Avez vous prévu de quoi survivre financièrement en cas de problème ? Possédez vous une clientèle fiable (sans parler des ami(e)s en vue ? Une idée des tarifs à pratiquer ? Etes vous conscient qu’être artisan c’est d’abord et avant tout passer du temps à courir le client, faire de la pub, de la compta, de la paperasse en pagaille, vivre avec une épée de Damoclès sur la tête, faire des devis, fuir son banquier bref la prise de photos ne représente quasiment rien par rapport au reste….

Il faut avant tout sortir du cliché du photographe qui passe son temps à écumer les séances, toujours frais et dispo. Derrière le mot professionnel on trouve d’abord le chef d’entreprise. Monter une entreprise demande du courage, de la motivation et surtout accepter de douter souvent, se remettre en question presque perpétuellement, se demander si c’est raisonnable…

Alors un conseil : réfléchissez, soyez sûr de vous et de votre engagement. C’est une épreuve passionnante mais dure.

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