Qu’entend-on par professionnels du monde équestre

J’entends par professionnels du monde équestre toutes entreprises, personnes morales, physiques ayant une activité déclarée dans le milieu hippique. Pour ma part je prends toujours le temps de faire une recherche. De voir quel type de structure requiert mes services. N’entendez pas par là que j’enquête. Non c’est l’inverse : je me documente sur l’activité. Tout bon photographe s’occupe de son client, s’y intéresse. De cette façon lors du premier contact ensemble je suis de suite plus à même de comprendre son activité, sa clientèle. Nombre de métiers autour du cheval se créent et je ne suis personnellement pas totalement documenté sur l’ensemble du panel des professions équestres. C’est l’occasion de découvrir des professions méconnues.

Lénora Dumortier, école d’équitation et formation d'”Au Pré des Chevaux” à Pressac (86)

Quels vont être les objectifs

En premier lieu la question à se poser va être : quel est le but de la prestation. Réaliser de jolies photos c’est certain. Mais pour pouvoir les réaliser il faut aller au cœur de l’attente. Un simple reportage traditionnel afin de documenter un site et mettre en avant la structures ou encore les installations. On peut aussi répondre au souhait de travailler sur la communication visuelle d’un cavalier. Les élevages rechercheront plus une mise en valeur de leurs étalons ou produits. Ou on doit aussi faire face à des situations qui vont demander un travail plus précis et plus recherchés : mettre en valeur des professions dont il est complexe de montrer le savoir-faire en image. Il est donc primordial d’inciter le professionnel à réfléchir sur ses attentes, le conseiller, répondre aux questions. S’intéresser à son travail, ses valeur, son étique, sa personnalité. Il faut connaitre et comprendre pour personnaliser le travail.

Séance studio organisée à Equites au Logis de Rancogne à Mons.

Comment travailler ensemble

Travailler avec un professionnel du monde de l’équitation ne s’improvise pas. En effet rares encore sont les professionnels du milieu hippique qui osent ou pensent à faire appel à un photographe équestre. A l’heure actuelle bien trop de personnes pensent pouvoir gérer aux même leur communication visuelle : à l’aide d’amis, de matériel personnels, du smartphone etc. Question de budget, question de méconnaissance. Je ne me permettrais pas de juger. Ajoutez le fait que les photographes spécialisés dans le cheval sont rares. Et pourtant ils ont cet œil précis et adapté, et pensent comme eux. C’est pour ces raisons que je prends le temps d’expliquer comment je travaille, quelles sont mes attentes, mes besoins pour réaliser un reportage adapté, qui colle à leur identité, leur image. J’écoute ce qu’ils souhaitent, je les oriente au besoin ou affine si le projet est déjà bien installé et clair.

Structure équestre d’Equites au logis de Rancogne en Charente

Savoir expliquer le travail du photographe

Je ne me permets pas de dire à un professionnel comment travailler ou comment gérer ses chevaux. C’est son métier. Pour moi l’important est par contre de lui expliquer comment je travaille, comment je vais me positionner. Grâce à ces informations il peut choisir les chevaux, la façon dont il va les mettre en valeur, les présenter. Repérer les lieux qui seront choisis pour réaliser la séance. En effet on ne partage pas les mêmes visions. J’apporte donc au professionnel les paramètres à prendre en compte. C’est ce que j’appelle travailler en complémentarité : chacun apporte son savoir et le met en commun. Ainsi on optimise vraiment le travail et les images produites

Marion Tarbel et Venise. Physiothérapeuthe pour chevaux à LizonnesEquitation

La prestation commerciale et les droits d’utilisation

La prestation comporte le temps passé à réaliser la prestation, le déplacement, le post traitement. C’est une partie de l’ensemble de la réalisation. Avec la prestation qu’on va considérer comme main d’œuvre on va ajouter la partie patrimoniale.

Il y a un domaine dans lequel il est compliqué d’expliquer les choses : le droit d’utilisation des images à titre commercial. Il est primordial de comprendre que l’usage commercial de visuels se cède sur une durée déterminée et se renouvelle. Oui le photographe reste propriétaire de son droit d’auteur et cède au professionnel le droit de diffuser ses photos pour son activité. Non le fait d’acheter une prestation ne donne pas le droit d’utilisation éternelle des images. Les droits d’utilisation sont cédés via un contrat écrit et détaillé qui sera présenté à chaque acteur de la chaîne graphique ou/et de communication. Ces acteurs doivent le demander pour s’assurer que la commande soit réalisée avec des visuels autorisés. Non la photo libre de droit n’existe pas. Il y a toujours un auteur.

Il faut donc bien différencier la photographie privée où l’auteur cède des droits d’utilisation dans un cadre familial pour un particulier et la photographie commerciale qui obtient le droit d’utiliser ses images pour un usage commercial et publicitaire à un professionnel.

De même chaque photo utilisée sous quelle forme que ce soit ne devra ni être modifiée, ou retouchée. A cela s’ajoute l’obligation légale de mentionner l’auteur de la photographie. Non une « simple » photo ne peut être publiée ici où là sans oublier de mentionner l’auteur de l’image. Il faut donc être vigilant quand aux parution en magazine et presse.

Photo réalisée pour la collection de sous-vêtement Charles de Nevel

Les chevaux, l’apport de chacun

Le sujet sur lequel il est facile d’axer le travail c’est bien sûr les chevaux. Le sujet qu’on partage, qu’on comprend. On parle le même langage. C’est pour ça qu’il est important d’être issu du milieu équin. Pour pouvoir se faire comprendre et surtout travailler en toute sécurité.  Travailler avec des professionnels c’est avant tout avoir une attitude professionnelle : maitriser, sécuriser la prestation sur place, savoir, répondre de façon claire et précise. Et c’est le cas pour les deux partis. C’est aussi pour moi un fabuleux moyen d’accéder au savoir et d’échanger, de découvrir. Un professionnel passionné apporte toujours énormément à ma culture équestre. Quant à moi je lui apporte ma vision de photographe. Et rien ne me fait plus plaisir de les voir découvrir les clichés à l’issue du travail.

Le docteur Minh Tam FRANCK, vétérinaire et ostéopathe à Animolistic

Il est important

Pour les futurs photographes qui veulent se lancer dans la photographie équestre il est important que vous arriviez à un niveau de maturité en matière de photographie. Le travail avec des professionnels requiert du sérieux, une implication forte. L’impact des visuels pour leurs communications sera primordial pour que l’activité soit réellement mise en valeur, et leur permette de se démarquer. Aux professionnels de l’équitation qui me liraient je vous dirais une chose : oui le budget de la communication visuelle représente un poste de dépense important. Mais la valeur ajoutée de l’image réalisée par un professionnel vous apportera un réel impact auprès de votre clientèle.

Fabrice Blin et son étalon ullivane

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