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C’est quoi l’éthique ?

Partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale. Ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un.

Larousse

On va parler dans ce billet de l’éthique du photographe animalier et équestre, pas de l’éthique générale du photographe. Pour ce dernier un billet dédié serait à explorer. Mais ici on va se consacrer plus au lien entre le photographe spécialisé dans le domaine équin, canin et félin où l’éthique va s’appliquer au bien-être animal, méthodes et comportement des clients vis-à-vis des animaux et la perception, morale, principes du photographe.

Ce billet n‘est pas à charge ou à décharge, il n’est pas extrémiste ni laxiste il est juste le reflet d’une opinion. A chacun de la respecter mais aussi de réagir éventuellement mais avec méthode et manière sur un sujet qui devient parfois trop sensible

Le photographe animalier et équestre et l’éthique

Comme vous allez vous en douter j’aborde ce sujet en vue de la spécificité de la photographie équine, canine et féline. Travailler dans ce milieu spécifique requiert, à mon sens d’avoir un certain code moral, une éthique qui nous définit et définira ainsi nos travaux, notre politique commerciale. Etre photographe PROFESSIONNEL j’entends donc, qui facture, réalise des prestations et vit de son activité. Ethique ne veut pas dire snobisme. Ethique ne veut pas dire accepter tout et n’importe quoi pour que survive l’entreprise. Ethique pour un photographe animalier et équestre c’est se prémunir et travailler selon des valeurs bien réfléchies.

Le photographe et la maltraitance animale

On a beau savoir que la maltraitance animale est interdite et condamnée. Mais la maltraitance revêt souvent des aspects très divers, parfois un silence ou une chape de plomb sur des pratiques que l’on sait courante dans certains milieux, dans certaines entreprises, élevages de chiens, chevaux, chats, écuries et j’en passe. La maltraitance c’est parfois sournois : psychologique, physique, quotidienne, au travail, visible ou invisible. Mais pour être en mesure de qualifier correctement les choses sans erreur il faut aussi maîtriser le sujet. C’est pour ces raisons qu’avant d’invoquer un droit de retrait, crier au scandale ou encore alerter il faut s’assurer d’avoir des preuves, des faits.

Les réseaux sociaux sont assez pollués d’illuminés qui crient au scandale parce qu’l pensent SAVOIR. CROIRE n’est pas SAVOIR. Ce n’est pas parce qu’on a entendu, présagé, pensé, imaginé que les faits sont existant. Il faut être en mesure d’avoir des faits précis. Un cheval malade par exemple ne sera pas forcément maltraité. Un chien âgé ne sera pas forcément maltraité. Même si ces deux cas ne présentent pas physiquement une allure exceptionnelle et incroyable.

Savez-vous s’ils ont des pathologies associées, lesquelles, les effets, des traitements et leurs effets. Connaissez-vous les propriétaires ?  Bref des questions à se poser il y en a nombre. D’où l’importance surtout pour les professionnels de ne pas juger sur des « on dit » ou des « j’ai eu un pressentiment ».

Ethique, photographie et professionnels du monde équestre et animalier

L’éthique d’un photographe canin, pour chevaux, chats, canards, lapins c’est savoir ce que l’on veut montrer en terme d’image. Sur quoi travailler ou non. Refuser à un client une commande parce qu’on n’aime pas les courses hippique ce n’est pas dire « je n’aime pas » c’est : « je ne suis pas le photographe qui saura mettre en valeur vos valeurs, vos attentes je vous recommande un autre confrère, consœur ».

Mais pour ça je vous recommande de savoir et être capable de vous justifier : qu’est-ce qui vous gêne (la discipline ou la personne), avez-vous eu une immersion dans ce milieu pour être à même d’avoir un jugement défini ? Est-ce que vous vous basez sur les « on dit » de certains groupuscules sur les courses ? Connaissez-vous l’écurie ou du monde qui y travaille ? Savez-vous si le bien être ne serait pas au cœur des pratiques de cette écurie ? Cet exemple est transposable sur d’autres modèles pour chiens, chats, lapins, cochons etc.

Quand le mal-être et la maltraitance sont bien présent(et vérifiable) il est logique et normal de refuser. C’est même très important à mes yeux. Mais comme toujours : avancer d’avoir une éthique c’est argumenter de façon sérieuse et réfléchie les motifs qui nous pousseraient à choisir ou refuser. Et j’espère que vous vous y appliquerez. Car travailler dans un milieu animalier le bien-être et les bonnes conditions de vie des chiens, chevaux  chats et autres animaux doivent être au cœur de vos priorités. Sans pour autant que cela verse dans l’extrême.

Se prémunir et rester sur ses gardes

Je vous avançais le fait d’être capable d’expliquer pourquoi vous refuseriez de travailler avec tel ou tel client d’un point de vue éthique. Mais parfois on ne le découvre qu’après, ou on est placé devant le fait accompli. Si vous constatez des actes de maltraitance forte, précis et indiscutable à mon sens je stopperais ma prestation et rembourserais mon client de tout frais avancé en expliquant ma démarche.

De même inclure une mention dans ses conditions de vente pourrait être intéressant pour se prémunir d’attaques éventuelles de la part d’un client furieux. Certes éventuellement coupable ou présumé mais ça c’est une autre démarche. Mais je ne suis pas homme de loi. La question est pourtant intéressante et mériterait d’être posée : peut-on inclure un droit de « retrait » sur une prestation que nous jugerions non conforme à nos attentes éthiques une fois sur place ?

La photographie commerciale n’est pas systématiquement une photographie de passion

A tous les plus jeunes qui se lancent et s’imaginent que le monde n’est pas cruel, qu’il est rose et bourré de bonnes intentions il va falloir couper court à ces utopies. Faire de sa passion un métier c’est aussi en vivre. Donc non ne peut pas se permettre de choisir ses contrats car le client « je ne le sens pas ».

Rencontrez vos client, immergez-vous chez eux, dans leurs écuries, leurs élevages, avec leurs animaux. Faites-vous votre propre opinion, échangez. Constatez. C’est du temps certes mais à défaut d’expérience avancée dans le milieu  animalier, équin il vous faudra apprendre et comprendre. Ce que nous ne connaissons pas nous fait toujours peur. Ce que vous pensez cruel ne l’est peut-être pas. Entre penser, comprendre et être sûr il y a des fossés immenses.

Ce n’est pas parce que l’endroit est boueux, vieillot qu’il est forcément un lieu de maltraitance. Ce n’est pas parce que l’endroit est beau, propre et haut de gamme qu’il n’est pas un lieu de maltraitance ou de mauvaise pratique. Le jugement personnel et visuel d’une première impression est souvent tronqué.

Pour des photographes équins et animalier avec un code éthique réfléchi et assumé

Quand vous serez en mesure de comprendre et d’avoir du recul sur bien des situations vous aurez plus de facilité à « choisir » votre clientèle. Quand je dis choisir c’est vous prémunir contre certaines mauvaises expériences que vous allez forcément faire. Car parfois on a beau s’en protéger on doit y faire face : par négligence, par mensonge, par idéalisme. Apprenez, écoutez, comprenez et forgez-vous une expérience constructive.

N’écoutez pas les « on-dit » sans valeurs scientifiques ou logiques, ou vérifiées, théories du complot. Soyez acteur de vos actions, de vos opinions. Vous n’en serez que plus épanoui et les clients viendront vous voir parce que votre éthique leur correspondra. Un contrat de confiance et de respect mutuel entre les deux parties.

Votre façon de faire, votre philosophie doit être un discours préparé et argumenté pour le présenter à vos clients. C’est un risque certes, de faire parfois peur à certains mais il sera aussi votre marque de fabrique. Un moyen de rassurer votre clientèle quant au choix d’un photographe respectueux, en attente d’une équitation de plaisir, d’un respect du bien-être animal et d’un équilibre certain dans les pratiques quotidiennes. Un gage de qualité associé à un portfolio qui ira de pair avec ses principes.

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