Sommet de l’élevage : une affiche, un taureau, un photographe
Je vais vous conter une histoire qui en a sous le sabot. Une aventure que j’ai vécue il y a peu et que j’avoue a été une expérience assez peu habituelle. Je dirais même une première pour moi et d’un enrichissement particulièrement important : participer à la conception d’une affiche pour le Sommet de l’élevage 2025 en Auvergne à Clermont Ferrand. Un salon international, fantastique de par sa taille, ses exposants et ses équipes, son organisation.
Un mail, une proposition une agence de com
J’ouvre mes mails un après-midi et je tombe sur quelque chose qui au premier abord me laisse perplexe. Des demandes de devis par des professionnels j’en reçois pas mal. Le premier contact est souvent assez lapidaire et direct. Une demande globale de devis. Les retours sont parfois inexistants ou sous des augures économiques peu motivantes pour ma petite entreprise. Mais je connais le milieu équin, canin et agricole et je ne m’offusque pas quand le refus est de mise. Les budgets sont parfois restreints et la réalisation parfois coûteuse au vu de la demande. Je réponds et souvent pris par d’autres impératifs j’oublie. Jusqu’à ce que je reçoive un beau jour une réponse plus que positive.
Déjà quand je reçois des messages qui font l’éloge de mon travail ça me fait plaisir. Non pas par égocentrisme mais pour ce sentiment de reconnaissance d’un travail de longue haleine, ce soin particulier apporté à mes œuvres, mes réalisations et auprès de mes clients. Aussi sec je reçois un mood board d’enfer. Un vrai cahier des charges précis.
Je commence à mesurer que travailler avec une agence de com c’est fantastique : carré, calé, réglé tout est pensé, réfléchi et anticipé. Premiers échanges de qualité, visios pour se mettre à la page. Une équipe adorable et à l’écoute. Le summum du luxe pour moi, plus habitué à travailler en solo, à me débrouiller pour tout caler et organiser. Ici je suis comme un coq en pâte : chef de projet, directeur artistique, graphiste, assistante c’est géantissime. Alors en plus quand ils sont fun, compétente et adorable j’ai une chance incroyable.
Le deal ? Shooter un taureau charolais avec ses trois éleveurs en mode « haute couture » pour créer le nouveau visuel du Sommet de l’Elevage 2025. Sacré pression 😀 Mais les échanges d’idées, la réalité du terrain et les contraintes analysées en équipe permettent réellement de définir les choses et « fabriquer » le futur visuel, organiser, caler.
Départ pour l’Auvergne
Me voilà parti pour Condat en Combrailles, charmant petit village auvergnat à 3h de chez moi. Une petite sortie nature pas désagréable du tout. Un t’it café chez le bougnat du coin. Les gens sont sympas. Mais il est temps de me rendre sur place. Direction chez Clément Mazet, Mathieu Garde et Cassandre Garde du Gaec Garde Mazet Chaffraix où je retrouve toute l’équipe de Périscope pour un pti dej et un brief rapide. Notre beau modèle du jour nous attend à l’attache. Un splendide taureau Charolais juste magnifique et gentil comme tout. Une montagne de muscle.
Montage du studio et c’est parti pour une séance endiablée
Le « truc » en séance c’est d’arriver à détendre ses modèles pour des photos détendues et éviter le côté figé. Et ce n’est pas toujours facile de se dire pour un trio d’éleveurs plus habitués aux travaux de la ferme et la gestion d’une exploitation agricole qu’il va falloir jouer les modèles d’un jour. C’est là qu’il est important de mettre chacun à l’aise.

Mais c’est sans compter l’équipe aux commandes. Une fois tout notre petit monde bien habillé : une superbe tenue sur mesure et dans des tons parfaitement accordés, réalisée sur mesure c’est parti pour une séance photo endiablée. Aux manettex le photographe et son studio, accompagné du graphiste de périscope, Luc qui va pouvoir contrôler quasi en direct les images qui sortent du boitier. Le principe ici est que je délègue un maximum pour me concentrer sur la création de l’image et mon éclairage
Sébastien le directeur artistique veille à la direction et à toute cette multitude de détails qui font de lui un « assistant » juste indispensable. En plus avec son bagage professionnel et artistique aussi riche pour moi c’est le paradis sur terre. Le travail en équipe rien de mieux pour apprendre, s’enrichir et partager.

Poser et mettre en scène taureau et éleveurs
On essaie, on change les postures. On repositionne le taureau. Car oui ça semble simple mais un animal de plus d’une tonne qui se décale de la zone de shoot c’est comme déplacer un paquebot. De plus travailler avec le vivant oblige à s’adapter en permanence. L’éclairage aussi. Et comme ce dernier est rapidement faussé dès que l’animal a changé de place, il impacte aussi l’éclairage des protagonistes humains. En clair : tout est à reprendre dès que l’animal a bougé. Un sacré challenge où le photographe doit adapter sa prise de vue, son cadrage, ses réglages en permanence. Il faut avoir l’œil partout et surtout sur la production d’images dans un délai très court.

C’est là que le travail en équipe avec les professionnels de Périscope a apporté un confort. Sébastien, directeur artistique chez Périscope a pu faire suivre les informations aux modèles, corriger certains défauts de pose que je ne voyais pas forcément, apporter un regard plus large sur la scène et surtout avec en tête le visuel final.

Entre deux prise, échange de carte mémoire pour contrôler en direct la production et évaluer les visuels réalisés. Car l’image parfaite résulte d’une analyse fine, d’une correction de position, bref une foultitude de détails. Là où l’humain peut se positionner précisément à la demande et réaliser la photo en un tour de main, travailler avec du vivant et des modèles dont le métier est tout autre, requiert une sacrée dose de concentration, d’adaptation. Mais c’est aussi un défi formidable : humain, technique, artistique.

Debrief, une photo de taureau au top, et une équipe ravie
La séance se clôt sur la photo idéale. L’œil du directeur artistique associé à celui du graphiste ont vite ciblé les images qui seront retenues. C’est dans la boite : on a le visuel qui sera le plus adapté. Restera à le travailler, l’intégrer et le faire valider par les équipes du sommet de l’élevage. La première partie est bouclée mais un long travail reste à accomplir en post production. Clap de fin autour d’une table à manger, un morceau et boire un canon. Une journée bien remplie, une aventure humains incroyable et une affiche qui devait être percutante à souhait
Au final : une photo et une affiche pour une aventure formidable
Après quelques temps je découvre l’affiche final avec mon image intégrée. Luc et son équipe de graphistes ont vraiment bien bossé. Encore une fois Périscope a su démontrer qu’ils savent faire un travail de grande qualité. Et pour ma part j’ai vécu avec eux une aventure vraiment originale et sympa. Ce sera peut-être unique, mais en tous les cas c’est gratifiant et formateur de travailler avec l’ensemble de secteurs de la chaine graphique associés aux éleveurs et à la team du Sommet de l’Elevage.


J’avoue que c’est appréciable de pouvoir gérer chacun à notre niveau notre propre part du job. Un photographe ça bosse souvent seul, alors là travailler sur une séance photo dédiée à un superbe animal de rente en compagnie d’une équipe aussi fun et enjouée je ne suis pas prêt de l’oublier.
Les salons de l’agriculture et de l’élevage sont des entités indispensable. Le Sommet de l’élevage est une pierre angulaire qui permet à l’agriculture internationale de se retrouver à Clermont Ferrand Chaque année. Je vous invite à leur rendre une petite visite si vous passez par là !
