Comme d’habitude cet article se veut adapté à un public possédant déjà des bases en photographie. Pour aller au-delà du mode automatique je ne saurais vous conseiller de commencer d’abord à comprendre et à vous servir d’un appareil photo numérique. Apprendre les bases de l’exposition, les modes semi automatiques etc avant d’aller plus loin. Je vais prendre pour exemple les épreuves de saut d’obstacle. Toutes les disciplines utiliseront les même éléments il suffit de transposer et d’adapter. J’aborderais au passage le matériel idéal pour la photographie de concours hippique.

Quel matériel prévoir

Avant toute chose on prévoit le matériel. Forcément tout dépendra de l’équipement à votre disposition. Il faut savoir une chose : photographier au téléphone portable, au bridge et autres boitiers exotiques n’aidera pas. Il y aura forcément des flous et des latences de déclenchement. L’idéal reste avant tout le reflex. L’hybride est tout aussi performant du moins les gammes les plus récentes mais là je n’en parlerais pas car je ne maitrise pas le domaine. Du moins je n’ai pas encore eu l’occasion d’utiliser un hybride en situation afin d’être capable de vous recommander ou non la technologie. Mais j’ai vu passer des travaux qui montre l’intérêt pour cette techno dans le domaine sportif chez Sony entre autres.

Le reflex

Le reflex qu’il soit plein format ou autre est adapté à la prise de vue rapide, capable de faire une mise au point rapide et précise. Peu importe le modèle de boitier, on considère que la qualité de l’objectif supplante souvent la gamme de boitier. Certes plus le boitier sera haut de gamme plus vous avez accès à des performances idéales. Mais ne vous tracassez pas si vous utilisez un reflex entrée de gamme il fera le travail. Sachez avant tout que le problème du flou se situe très souvent derrière le viseur : vous. Je ne le redirais jamais assez la priorité c’est RTFM (Read The Fucking Manual). Apprenez à lire votre manuel, à vous rentrer les règles de bases de la photo pour corriger les problèmes. Avoir un réflex c’est une chose mais savoir s’en servir en est une autre. Donc non changer de boitier ne réglera pas vos soucis surtout si ils sont d’origine humaine.

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Les objectifs

Comment choisir l’objectif pour photographier du concours hippique ? Pour les objectifs une fois de plus comme je l’ai abordé précédemment dans un article, le 70-200 f2.8 reste l’arme ultime. Si vous avez à dispo un 300 f2.8 ou f4 c’est aussi excellent mais plus de difficulté pour cadrer sans oublier le poids vite handicapant de la bête. Le 70-200 f4 fera parfaitement le job et se situe sur une fourchette moyenne. Comme je vous l’ai expliqué tout dépend de son budget mais aussi de sa capacité à porter l’ensemble.

Car oui un f2.8 constant c’est top mais ça pèse un âne mort. Un 70-200 f4 constant sera plus léger et pourra être porté à bout de bras beaucoup plus facilement. Pour les plus petits budgets ou les débutant qui s’équipent légèrement le 70.300 aura souvent une ouverture plus limitée mais avec un budget bien plus accessible surtout en occasion.

Vous pouvez aussi jouer de la focale fixe mais forcément il faudra recadrer si vous êtes coincé sur une zone précise du terrain.

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Réglages

Les réglages parfaits n’existent pas. Première chose : la vitesse d’obturation doit être votre principal point de référence. Pour ce faire il va falloir utiliser l’ouverture la plus grande. Oui le but est de faire rentrer le plus de lumière possible pour gagner le plus de vitesse possible. Rien ne vous oblige à le faire. Si le temps le permet vous pouvez fermer. Rappelez-vous c’est la valeur f la plus petite en terme de chiffre qui définit la plus grande ouverture, quand on ferme on augmente la valeur f. F étant l’ouverture du diaphragme. On reviendra à ses bases si on ne comprend pas tout.

Iso et vitesse

Ensuite on va jouer sur les valeurs ISO et les monter suffisamment pour que la vitesse d’obturation soit suffisante. Donc la logique c’est de soit travailler en priorité vitesse soit en priorité ouverture. Selon votre maitrise, selon vos préférences. Il n’y a rien d’imposé. On parle de faire des photos propres avant toute chose.

Le mode manuel

Le mode manuel bof, le puriste ne jurera que par lui alors qu’à mon sens c’est se priver d’automatismes très très utile. Je préfère me concentrer sur un paramètre que sur 3 à la fois. Mais c’est une question de goûts. Je ne vous empêche pas d’essayer le mode M si ça vous chante mais vous allez vous emm… Bon ok si vous êtes amateur passionné rien ne vous empêche de faire des essais pour apprendre à maitriser ce mode. Pour ma part je le réserve à des occasions particulières et je conserve ainsi le confort des autres modes.

L’autofocus (AF)

L’autofocus attention ! C’est un facteur primordial voir indispensable. Non pas de l’avoir car si vous voulez jouer avec des optiques manuelles faites-le sur du portrait sinon bonjour le taux de déchets. Bon encore une fois avec un verre stigmomètre vous pourriez sauver votre journée mais comme toujours c’est à garder pour s’amuser plus tard et ailleurs au vu de la difficulté et de la rapidité que cela demande pour une mise au point précise et propre.

Question AF on prendra le soin de toujours se mettre sur la mise au point en continu : AFC pour Nikon, AI Servo pour Canon. Bannissez l’AF automatique type AFA les résultats sont toujours aléatoires au possible. Bannissez aussi l’AF ponctuel (AFS chez Nikon et One shot chez Canon). On est là pour s’assurer que la mise au point soit en mode continu. De cette façon vous pouvez faire la mise au point tout en suivant votre sujet et déclencher au bon moment. Toujours pareil suivant le modèle d’appareil il existe diverses fonctions d’assistance pour verrouiller l’AF, faciliter le suivi, le déclenchement etc. Mais là je dis : RTFM (Read The Fucking Manual). En clair vous avez un manuel lisez le et ainsi exploiter votre boitier au maximum de ses capacités.

Où se placer

Tout va dépendre de la configuration du terrain et de vos accès : Avez-vous accès au terrain, proche terrain ou est-ce que vous êtes confiné dans les tribunes. Plus vous aurez de mobilité plus vous pourrez trouver un angle de prise de vue idéal et confortable. La longueur de focale rendra aussi les choses plus simple ou plus compliquée. Il n’y a pas de lieu particulier tout dépendra de la configuration du terrain mais aussi du dessin du parcours. Comme il varie à chaque épreuve vous aurez soit de la chance si l’obstacle idéal reste et ne change pas de place, soit vous serez bon pour étudier la reconnaissance et vous replacer. Plus vous aurez de latitude de placement plus vous serez en mesure de choisir un arrière-plan le plus sympa et le moins encombré. Pensez à arriver assez tôt pour vous assurer de trouver une place libre. Pensez à suivre la reconnaissance du parcours.

Quels obstacles viser

Souvent je vois beaucoup de passionnés photographier tous les obstacles. C’est la faute absolue. Concentrez-vous sur un, deux voire trois obstacle. De cette façon vous avez le temps d’anticiper, de cadrer et d’assurer un suivi AF de qualité. Privilégier les « gros » obstacles types oxer, ou joli vertical. Si possible prenez les plus sympas et les mieux habillés et laissez ceux qui sont un peu léger en terme d’esthétique. Choisissez aussi ceux qui vont vous offrir le plus bel angle en fonction de votre position. On se fichera totalement de prendre un cavalier de dos ou de travers : Face, profil et c’est tout. On se contente d’être d’abord efficace et produire des photos de qualités, nette et propre. Rien ne sert de rentrer avec 50 000 clichés. Même si vous êtes le photographe officiel. 3 obstacles par épreuves et basta. Plus c’est souvent risqué. de revenir avec un taux de déchets élevé.

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Le couple cheval cavalier

Il est évident qu’on ne prend que certaines phase au moment du saut : abord et planer. La réception est peu esthétique et n’apporte que rarement d’intérêt sauf sur des obstacles particuliers comme en cross. Mais rien ne vous empêche de travailler en rafale pour vous assurer d’avoir la position idéale du couple. Il faut juste être prudent et de ne pas déclencher trop tôt ni trop tard. Armez-vous aussi d’une carte mémoire rapide et de bonne qualité. De cette manière l’appareil aura le temps d’ « avaler » la rafale sans se bloquer. J’entends par bloquer l’analyse et le traitement. Avec une carte mémoire peu rapide le buffer de l’appareil aura besoin de plus de temps pour transférer les images ce qui peut rendre le déclenchement inopérant le temps du transfert. Certes c’est à peine un quart de seconde mais c’est suffisant pour louper la photo.

On shoote en RAW

On oublie définitivement le JPEG on shoote en RAW uniquement. Certes il faudra post traiter mais vous pourrez ainsi peut être récupérer des lumières si elles ne sont pas cramées et des ombres à déboucher, améliorer la netteté, débruiter bref je ne vous apprends rien. Un fichier RAW permet de nombreuses choses, c’est important de s’attacher à ce détail et à garder l’habitude de shooter TOUT le temps en RAW.

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Les cas particuliers

Pour les séances indoor et nocturne : pas de secret le matériel va vous sauver. Il faut aussi connaitre les limites de votre boitier : jusqu’à quelle valeur iso l’image reste la plus propre possible, est ce que votre objectif permet d’ouvrir assez grand. On en revient toujours aux principes de bases de l’exposition. Vu qu’on cherche une photo nette on cherchera à avoir une vitesse d’obturation suffisante et c’est souvent difficile avec peu de lumière à sa disposition.

On peut « tricher » en essayant de se focaliser sur l’obstacle qui bénéficie du meilleur éclairage sur l’ensemble. Interdit de s’amuser à shooter tous les obstacles il faut trouver celui qui apportera le meilleur résultat quitte à limiter les choix créatifs. Il vaut mieux une bonne photo que des photos ratées. Certes il y aura du bruit numérique mais à un moment donné on ne peut pas tout avoir. Le reflex n’a pas encore les mêmes capacités que votre œil. Malgré le fait que la technologie s’améliore ces deux endroits restent complexes et poussent vite le matériel dans ses limites. Les structures indoor avec un éclairage digne de ce nom restent moins courantes (CSI etc)

Pour conclure

Pour conclure cet article vous comprendrez que je ne peux pas vous donne de recette magique. Le concours hippique c’est comme tout il faut pratiquer, se louper, recommencer. Je vous ais donné des clés pour arriver à vos fins. Il vous reste à les exploiter. La photographie demande du travail et de la persévérance. Accrochez-vous et surtout restez motivé.

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