Le cheval en liberté c’est le cheval libre de toute contrainte. Du moins sur le papier puisque nous le savons tous, à l’heure actuelle le cheval sauvage tel que nous le rêvons n’existe que peu ou prou. L’image du cheval seul dans la nature est malgré la vision utopique d’un photographe pas le reflet d’un quotidien. Ce qui est passionnant quand les chevaux sont en liberté que ce soit au pré, au paddock, c’est de les découvrir autrement.

Pour ce faire je passe beaucoup de temps avec eux posé à terre. Rien ne presse. Il faut prendre le temps de rester là à attendre. Se précipiter laisserait passer tellement de choses. Etre là le bon jour, au bon moment car le cheval propose et nous on dispose de qu’il offre. Parfois je me suis vu attendre sans rien obtenir, parfois passer mon temps le doigt sur le déclencheur pour saisir chaque moment.

C’est si simple et si compliqué. Le cheval en liberté c’est certains moments sont tellement éphémère qu’il est complexe de les figer et de les emmener avec soi. C’est juste un moment avec eux qu’on ne peut que garder pour soi.

En tant que photographe et homme de cheval je suis déchiré entre deux visions. Celle du cheval libre tel qu’il l’était il y a des millions d’années et celui du cheval désormais domestiqué qui nécessite soin, attention, amour et protection. La vision du cheval libre est un peu tronquée mais elle nous donne ce sentiment de liberté totale, de retour à des périodes sans contraintes pour que notre esprit puisse s’évader loin de nos réalités quotidiennes.

Le photographe illustre une vision, une idée, une envie voire un état d’esprit plus qu’une idéologie déterminée. Le photographe sait que les choses ne peuvent pas toujours être ainsi mais il propose une porte ouvert à l’imagination, pour s’échapper au travers de ses clichés l’espace de quelques minutes, quelques fractions de secondes.