Coup de gueule : Quand la photographie animalière devient une usine à « formateurs »

Les formateurs qui déforment

Salut à tous,

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet qui me trotte dans la tête depuis un moment, et si vous suivez un peu le monde de la photographie équestre et canine sur les réseaux, vous n’avez pas pu passer à côté. On va parler des « formateurs » en photographie.

Attention, ne vous méprenez pas : la transmission, le partage d’expérience et l’entraide ont toujours fait vibrer notre communauté. Mais depuis quelque temps, on assiste à une véritable épidémie de coachs et de formateurs miracles. Et pour être tout à fait honnête avec vous… j’en ai ras-le-bol.

Voici pourquoi l’envers du décor de ces formations « miracles » me fait bondir.

formateurs en photographie équine et canine - grain de pixel - Franck Simon - photographe en Charente

Des portfolios qui manquent cruellement de maturité

C’est le premier paradoxe. Pour enseigner un art et un métier, il faut l’avoir poncé, testé, retourné dans tous les sens. Pourtant, je vois passer des annonces pour des formations lancées par des personnes qui ont parfois à peine un ou deux ans de pratique au compteur.

Comment peut-on prétendre enseigner la gestion d’un chien qui n’écoute rien en séance, la capture du mouvement d’un étalon au galop par temps gris, ou la gestion d’une lumière complexe, quand son propre portfolio manque encore de maturité et d’expérience terrain ?

Le flou artistique sur la légalité et la pédagogie

Formateur, c’est un métier à part entière. Transmettre à des adultes ne s’improvise pas, cela demande des techniques de transmission, de l’écoute, de la structure.

Quand on gratte un peu sous le vernis des visuels accrocheurs, voici ce qu’on trouve (ou plutôt, ce qu’on ne trouve pas) :

  • Pas de numéro SIRET d’organisme de formation ou d’agrément officiel.
  • Aucune formation à la pédagogie pour adultes (andragogie).
  • L’absence totale de labels qualité (comme Qualiopi) ou de certifications permettant des financements via le CPF.

Bref, on est souvent face à de l’amateurisme déguisé en expertise.

La dictature de la tendance et du marketing miracle

Le contenu de ces formations ? C’est presque toujours la même recette, calquée sur la mode du moment : percer sur les réseaux sociaux.

On vous promet l’algorithme d’Instagram sur un plateau d’argent, des solutions marketing miracles, et des techniques pour « attirer le chaland » à coups de visuels ultra-vendeurs et de punchlines bien rodées. On joue sur les cordes sensibles des photographes qui galèrent : « Tu ne trouves pas de clients ? Achète ma méthode. » « Tu veux trouver ton style en 3 clics ? Suis mon guide. »

Mais soyons réalistes deux minutes :

  • Un style photographique ne se trouve pas en un week-end ou avec un pack de presets Lightroom. Il s’affine avec des années de pratique, d’erreurs, de doutes et de déclics.
  • Les solutions de vente magiques et toutes faites ne fonctionnent pas. La photographie de chiens et de chevaux est un secteur de niche. Ce qui marche pour un photographe de mariage corporate à Paris ne fonctionnera pas pour un photographe équestre au fin fond de la Bretagne. Votre zone géographique, votre expérience, vos cibles… tout cela demande du sur-mesure, pas des concepts bateaux copiés-collés d’un obscur e-book américain.
photographe canin et équin : apprenez à vous démarquer, à être vraiment original et créatif

Pour conclure…

Apprendre et se perfectionner est essentiel. Mais par pitié, ouvrez l’œil. Avant de confier vos économies et l’avenir de votre passion (ou de votre entreprise) à un énième coach d’Instagram, vérifiez son bagage. Regardez la cohérence de son travail sur le long terme, son statut légal, et demandez-vous s’il vend du rêve ou de la vraie technique.

La photographie équestre et canine, c’est du poil, de la boue, de la patience infinie et de l’authenticité. Ne laissons pas le marketing creux gâcher ce si beau métier.

PS : il existe aujourd’hui des organismes de formations certes généralistes comme Empara ou Nath Sakura Factory pour le studio, ou encore l’Atelier de Charles. Et ce ne sont que des exemples. Ne croyez pas que généralistes ne rien pas avec équin ou canin : c’est kif kif : on apprend les bases, la technique , le marketing et on adapte à sa spécialité.

En parallèle il existe aussi nombre de formateurs en photo équine et canine dont la solidité et le sérieux est indiscutable. Je ne donnerais pas de nom en direct mais je vous laisse quelques indices. Comprenez que tout se repose sur l’évaluation globale avant de choisir. Je n’ai pas d’actions chez eux, j’ai même failli me former avec eux mais faute de temps.

Et je peux vous assurer qu’après plus de 12 années de pratique en photographie équine je connais assez bien le paysage français concerné et j’ai vu évoluer depuis leur débuts nombres de formateurs depuis leurs débuts en photo. Donc je pense avoir assez de recul pour juger de la question. Et rassurez vous n’y voyez pas jalousie ou un côté aigri mais juste un état réaliste. Et oui mon portfolio a encore besoin de maturité j’en ai conscience. Désolé aussi de ne pas avoir un travail qui soit « à la mode » ou uniforme 😉

Et vous, vous en pensez quoi de cette vague de formations ? On en discute en commentaires !

À bientôt pour de prochaines aventures (et de vraies photos) !

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