Photographe formateur, workshop et marketing
Vous aussi devenez un photographe qui soit meilleur, vendez vos photos plus chères, plus vite. Devenez le photographe créatif et découvrez mes secrets pour devenir photographe professionnel en 10 leçons. Mais grâce à ma formation vous allez devenir le meilleur photographe du monde. Envie de rêver ? Envie de pleurer ? Suivez-moi c’est en dessous que ça se passe. Je vais en faire râler, rager, plus d’un mais c’est un constat d’actualité : le formateur n’est as forcément aussi compétent qu’on ne le croit. Du moins certains… Ou comment une niche réservée à des gens compétent est minée par des incompétents…
Tout le monde devient formateur
C’est incroyable. Les réseaux sociaux le disent eux même puisque mes réflexions sont d’abord issues de ces milliers de publications sponsorisées : il y a des formateurs pour les photographes de partout ! Entre leçons de marketing, stage de formation pour devenir reporter de guerre, apprendre à devenir meilleur photographe en une dizaine de vidéos ou encore faire ressortir la fibre créatrice qui est en vous. De post accrocheur à titre putaclick c’est devenu une folie furieuse de post sponsorisés qui viennent polluer mon quotidien. C’est incroyable de découvrir que de parfaits anonymes au portfolio inexistant ou d’un classique désespérant voudraient vous exhorter à devenir LE photographe que tout le monde va s’arracher. Seul problème quand je vais voir un artisan je regarde ce qu’il fait pour juger de sa compétence. Puis ensuite je me base sur son discours. Le commercial qui vend un discours avant de vendre une compétence trop peu pour moi….
Formateur c’est un vrai métier vous le savez ?
Avant que j’aille plus loin expliquons quand même que le formateur, qui est donc à la base une personne qui forme, apprend, enseigne est un véritable métier. On va cibler un public spécifique : adultes ou jeunes adultes sur des thématiques précises. Ce formateur a pour sa réussite censé avoir un minimum de maitrise dans le domaine dans lequel il évolue. C’est sa base de référence, son cœur de métier.
Ainsi être formateur ne veut pas dire être forcément être actif (avoir une entreprise) dans son activité même si ça n’enlève pas le fait qu’il ait pu l’être. Bon ou mauvais. C’est avant tout être en mesure de savoir transmettre un savoir, des connaissances, un usage, une pratique avec qualité. Etre formateur c’est avant toute chose savoir, connaitre, maitriser son sujet et pouvoir s’adresser à un public diversifié : l’apprenant.
L’apprenant comme tout élève est issu de milieux différents, d’origines scolaires différentes et surtout on va faire face à une population dont la courbe d’apprentissage sera différente. Car non nous ne sommes pas tous égaux devant l’apprentissage. Entre eux qui ont une mémoire photographique, les manuels, les timides, les apprenants plus lents et plus progressifs, l’âge, il faut savoir s’adapter. Pour cela on fait appel à un outil : la pédagogie.
Pour ce faire il existe des formations (des vraies) pour apprendre à former. Et oui avoir des connaissances et les transmettre c’est radicalement différent. Et oui même si certain ont une capacité naturelle à la transmission d’autres ont besoin d’enrichir leur maitrise, d’apprendre des techniques, des aides pour former correctement, faire du contrôle bref : apprendre le métier de formateur. Ensuite il faudra faire l’association avec son savoir métier.
Car oui la pédagogie s’apprend même si chez certains c’est aussi une faculté. Je ne me base certes pas sur des références mais bien sur mon expérience en tant que maitre de stage (à petit niveau dans un domaine très spécifique autre que la photographie), mais aussi en tant qu’apprenant qui a rencontré des formateurs passionnant et surprenant). On trouvera aussi des professionnels qui sauront s’adapter, se poser les bonnes questions, savoir se replacer dans la tête de l’apprenant pour le guider, expliquer.
Le workshop et la formation distancielle le nouvel elodorado
Je comprends que d’un point de vue marketing l’attrait de former de jeunes photographes en herbe est en soi une forte valeur ajoutée. A l’heure actuelle il devient pour certains, de plus en plus difficile de vivre voire de survivre à travers de ce métier. Qui plus est pour certains secteurs de la photographie plus impactées que d’autres, mais aussi dû à la crise sanitaire, le bassin d’emploi, la crise économique et j’en passe. La formation devient donc le secteur prisé car il y a de la demande de la part de passionnés.
Chacun crée son petit workshop studio, portrait, chien etc en promettant des objectif i
Le fait de ne plus pouvoir rencontrer physiquement des gens comme des clubs photos, ou des rencontres rend les choses plus difficile pour les apprenants. Mais cela ne doit pas entraîner une baisse de la qualité des formations. Car là où certains voient le gain moi je vois aussi l’offre se multiplier mais sans offrir pour autant une qualité supplémentaire bien au contraire.
Former ok mais former avec qualité
Je n’ai rien contre un photographe d’expérience, qui possède du recul de la pédagogie et est capable de produire des cours qualitatifs, construit, et produisant sur l’apprenant une réelle courbe d’apprentissage. Au contraire. Là où je rage le plus c’est contre les marketeux qui vendent du vide.
Ceux qui vous vendent des pack de preset pour Lightroom en vous promettant que vos images seront aussi bonnes que celles en illustration, ceux qui promettent de vous transformer un professionnel de la photographie en 15 leçons, qu’il suffit de cliquer pour recevoir l’ebook gratuit et vous inondent ensuite de mails commerciaux. Ou encore vous conseillent leurs bouquins que vous allez toucher à -80% de la valeur initiale et qui vous dévoilera ses secrets.
Manque de bol le bouquin à la base ne valait pas plus (vaut-il quelque chose d’ailleurs ?). De plus une fois lu vous vous rendez compte que c’est… du vide. Du blabla mais rien de formidable qui justifie l’investissement.
A contrario en librairie vous trouverez des (vrais) ouvrages, des formations détaillées, point par point, avec un programme réaliste. Pas de rêve, pas de promesses folles juste du concret. Thématique découpées en leçons, proposées par degré de maîtrise. Une formation ! Je ne dis pas que tous les formateurs se valent en terme de qualité, d’intérêt mais dans l’ensemble on peut facilement déjouer les pièges basiques pour se concentrer sur des organismes réellement compétent en la matière.
Le marketing c’est bien, mais soyez prudent
Je vous recommande de vous former, ce serait complètement suicidaire de vous dire l’inverse. Mais basez-vous sur des vrais retours. Pas sur de faux avis. Basez-vous sur des enseignes reconnues et sérieuses, en place depuis des années. Lisez bien entre les lignes et n’hésitez pas à faire des recherches. Les réseaux sociaux sont très utiles même si je vous conseille de vous baser sur un ensemble d’avis différent et non pas une voie unique. Méfiez-vous des offres alléchantes au possible qui promettent la lune. Souvent vous ne verrez qu’u morceau de terre sans lien avec. Demandes du concret, ne vous laissez pas emporter par des paillettes.
Je sais que le problème se pose pour des professionnels engagés, sérieux, capable et compétent. Difficile pour qui est un bon formateur mais qui n’a pas les outils pour se rendre visible, ou le talent marketing pour rayonner et d’être sur le devant de la scène. C’est un fait. Mais reste que de très nombreux noms de la formation sont des acteurs intègres sérieux, et vraiment compétent. Et eux ne vous promettent pas du rêve. Les programmes sont clair, terre à terre, réalistes et sont sur… la durée ; Car la photographie théorique c’est une chose mais la pratique demande du temps pour mettre cette théorie en œuvre. .
Les formations pour tous à toutes les sauces
Les formations en ligne ça devient la mode. Le confinement a fait exploser la demande et tout le monde veut sa part. Cours de retouche en ligne, visio pour apprendre à photoshoper, pour comprendre son appareil. A défaut de pouvoir animer des ateliers c’est normal que la formation présentielle devienne distancielle. Mais le problème c’est que là encore tout le monde s’imagine pouvoir donner des cours parce qu’il a vu une quinzaine de tutos Youtube. Savoir ce n’est pas pouvoir. Il faut maîtriser et comprendre, assimiler et être capable de transmettre.
Le distanciel rend l’apprentissage plus difficile d’où le renforcement supplémentaire nécessaire en terme de pédagogie et de méthode d’enseignement. Comprenez que je reproche gentiment à certains jeunes professionnels avec peu d’expérience de vouloir jouer les profs. Le problème c’est qu’en rajoutant les photographes marketeux qui enseignent des formations souvent creuses, on se retrouve avec ceux qui apportent des contenus parfois approximatifs.
Beaucoup de cours en ligne reposent sur des thématiques qui vont juste attirer les photographes en herbe soucieux et désireux de mettre « du flou partout », créer des photos oniriques en trois clics, transformer des couleurs en deux clics. Mais on en oublie souvent le point le plus primordial : amenez ces élèves à d’abord améliorer leurs techniques de prise de vue avant de vouloir tout photoshoper. NON la retouche ne sauvera jamais un cliché pourri à la base. Arrêtons de vendre du rêve avec des avant/après soigneusement choisi pour appâter le pigeon. Car encore une fois vos « avant » sont issus d’une prise de vue de qualité… Condition sine qua none pour réussir à obtenir un cliché attrayant.
Entre les formations pour du portrait « fine art » => LOL c’est quoi cette thématique marketing ? A part détourner le terme fine art je ne comprends pas, ou encore les formations pour transformer un portrait en un masque de poupée lisse comme de la cire, ou encore ajouter du flou de profondeur de champs sans utiliser d’objectif adéquat. Mais si avec le lot d’actions PS inclus en deux clics c’est fait. Bref les formations en ligne de certain photographes c’est vraiment du n’importe quoi .
Un coup de gueule en vrac mais un ras le bol qui n’en finit pas
Je sais je n’ai pas approfondi ma réflexion, ni encore ajouté de références poussées ou je ne sais quoi. Je n’attaque personne en particulier. J’attaque juste une tendance à pratiquer tout et n’importe quoi. La photographie est un milieu merveilleux pollué comme beaucoup d’autres par des commerciaux plus que des photographes. Je sais que la pratique ne s’arrête pas à la photo loin de là mais j’avais besoin de le crier haut et fort puisque la liberté d’expression me le permet.
Et non ce post ne sera pas sponsorisé ou ne vous promettra pas en fin d‘article de gagner l’Ebook qui vous propulsera rédacteur d’article photographique qui déchire si vous vous abonnez à ma newsletter. Ni encore vous offrira avec le superbe pack de preset Lightroom que j’ai mis 20 secondes à produire pour un rendu de ouf comme sur mes photos (en vrai j’ai bossé 4 heures sur les photos sans utiliser Lightroom mais ça je ne vous le dirais pas tout comme on ne vous dira pas que la photo ça s’apprend avec …. du temps).