Les chevaux, moi et la lumière artificielle

Depuis un bon moment je suis un fan absolu de la lumière artificielle et de ses possibilités immenses. J’ai toujours été en admiration devant des artistes qui savent manier la lumière avec une grande virtuosité. Cela semble tellement simple sur le papier. Quand on se retrouve sur le terrain on prend conscience de l’immense difficulté que cela représente. Trop de lumière ce n’est pas bon et brûle les hautes lumières, on crame donc les blanc, pas assez donne des ombres bouchées, des ombres disgracieuses. Le matériel n’est pas extensible à l’infini et demande des réglages assez complexes à maitriser. Chaque lumière doit être réglée : puissance, hauteur, angle etc etc.

Je me suis lancé

Un beau jour j’ai décidé de tester le mix entre lumière artificielle et chevaux.  Gros défi car les chevaux sont en photo des sujets assez complexes à gérer : posture, attitude etc. A cela ajouter des modeleurs (pour diffuser et modeler la lumière)  rend l’exercice compliqué au vu des formes de la chose : c’est plus ou moins grand, c’est blanc, donc ça fait peur. J’ai commencé mes premières tentatives au Cheval Bavard. J’avais l’avantage d’avoir apprivoisé l’usage des flashs avec des humains ou à la maison pour mieux comprendre les subtilités sans pour autant en avoir la maitrise.

J’ai donc réitéré l’opération par ci par là dans le but de progresser. Et comme pour la photographie la lumière artificielle demande de la pratique… Je me suis mis au boulot doucement. J’ai aussi essuyé mes premiers échecs et ratés. C’était assez difficile d’anticiper la façon dont la lumière allait impacter de tels modèles, éviter de grosses ombres moches et éclairer de façon équilibrée.

Une séance qui m’a laissé sur ma faim

La série Horse&Fashion est la séance qui m’a laissé le plus sur ma faim quand j’ai commencé à traiter les photos des chevaux que j’avais réalisé. Il y avait comme un goût de reviens-y. Toutes les images réalisées en mode “studio” étaient vraiment intéressantes et démontraient des opportunités intéressantes en terme de rendu. Le matériel commençait à être suffisant il ne restait plus qu’à organiser le tout. J’étais suffisamment sûr de moi pour me lancer dans une série complète avec plusieurs modèles différents.

Janvier et ses bonnes résolutions

Nouvelle année oblige, résolutions de mises. Me voilà parti à la quête de mes modèles. Annonce postée avec critères. Les réponses n’ont pas mis bien long à arriver et je me suis vite trouvé submergé. Tri effectué, journées calées j’avais mon lot de modèles tout prêt à divers endroit. Il ne restait qu’à shooter. J’avais délimité un périmètre pour ne pas avoir faire des kilomètres et des kilomètres. Il n’y a pas à dire ce genre de projet c’est sympa mais ça a un coût : matériel, carburant, temps ça grimpe vite.

Au final j’ai shooté à l’Etrier Charentais avec Léa qui m’a proposé au passage deux modèles supplémentaires bien sympatique, aux Eaux Claires avec Laura, et en bonus Pauline et Sandy qui ont fait poser leurs loulous respectifs, aux écuries du Châtelard avec Ingrid, à Garat avec Laure et Sarah et pour terminer à Bioussac avec Pauline et Aurélie. Wouais ça a fait du monde, des chevaux plein plein et du poney plein plein 😀

Des séances intéressantes

En plus de la progression ce fut aussi l’occasion de rencontres enrichissantes. C’est aussi l’intérêt d’une aventure de ce type c’est de pouvoir rencontrer d’autres personnes et endroits. J’aime beaucoup échanger avec les cavaliers et ils m’en apprennent beaucoup. J’ai aussi pris rapidement conscience que je ne pouvais espérer partir avec un schéma d’éclairage bien défini fixe, parfait.

Chaque cheval a réagi de façon totalement différente. Le problème c’est que suivant sa posture l’angle de la lumière ne donnait pas toujours un résultat intéressant. Donc bonjour la galère à placer lumière ou/et cheval pour trouver des choses intéressantes. Et quand on avait juste positionné le flash monsieur ou mademoiselle tournait…. Genre c’était trop facile…

A ceci s’est ajouté le problème des limites techniques de mon matériel destiné à un sujet humain plus qu’à un sujet de 500 kg bien massif surtout quand ce dernier refusait de s’approcher à plus de 3 mètres de ma source lumineuse… Paramètres tirés dans tous les sens bref ça a joué du bouton de partout avec des “gnéééééééééééé” faut que ça passssssssssseeeeeeuuuuh” et des “pfioooooou oué c’est good ça passe” etc. En clair on s’est bien marré, je me suis bien creusé la tête, j’ai bien transpiré parfois en rentrant à la maison : “gloupsssss voyons els dégâts…. Ah nan en fait ça va spa mal 😀 ” et ça s’est vraiment très bien passé 😀

Capter l’attention

Là où les choses se corsent c’est de capter l’attention du cheval. Des oreilles couchées ou sur les côtés sont mon cauchemar. Alors direction la balle qui fait pouic pouic (pour les chiens), les bonbons, les bruits étranges, le sac en plastique, le mouchoir sur la badine et j’en passe pour faire dresser ces fichues oreilles. Je vous raconte pas quand certain avaient décidé de pas jouer le jeu. Et oui les caprices de star, sans oublier les baillements, les tirages de langue, les « machouilles » de mors, de longe bref j’ai vu défiler de vrais clowns mais aussi des daaaaaaames, des princesses s’il vous plait !

Mais je me suis régalé car chacun a sa personnalité propre. Et s’ils avaient décidé que non ils ne feraient pas d’efforts et bien on a fait avec. Ma philosophie c’est : le cheval décide et le photographe s’adapte. Pas question de pousser au résultat coûte que coûte. Alors oui ça demande du temps, de la patience. Certaines séances ont été vite bouclé d’autres plus longues…

Quoi en retenir

J’ai donc beaucoup appris : tant sur le choix des modèles, que des critères que je m’étais fixé. Par exemple je voulais des chevaux tondu et au final je choisirais tondu mais avec une repousse. Le tondu de frais donne un rendu très mat, en comparaison d’une repousse de poil fine qui donne plus de reflets. Les robes aussi peuvent être source de soucis. Les alezans et les bais sans problèmes mais les autres m’ont donné un peu plus de mal suivant l’épaisseur du poil. Trop c’est pas bon, pas assez non plus grrrrrr. J’ai aussi compris que le matériel me limitait.

Exit mes petits flashs cobras, place à un flash de studio sur batterie à combiner avec les cobras en sources secondaires. Reste le problème du fond studio qui reste une sacré épine : un fond de 6 mètres de large x 3 mètres de haut qui soit démontable, pratique et loge dans mon coffre ! Entre le prix final et trouver un système simple à monter et démonter pas facile. Sachant que pour un cheval entier c’est un minimum pour être tranquille.

Certes le plus difficile fut de traiter l’ensemble des photos retenues où j’ai vite commencé à passer de 1 à 2h par photo pour un résultat esthétique impeccable : exit les grains de poussière, de sables, les cicatrices, les traces de peigne de tondeuse, les crinières rebelles. D’où l’importance de soigner le pansage, sortir l’équi star et garder un chiffon à portée pour avoir un cheval clean-qui-brille-tout-propre. Et non fini de se dire : on verra pour nettoyer sous photoshop hein ^_^ Nan fini ça terminé ! Bref content de mon travail mais encore largement insatisfait. J’ai beaucoup à faire encore pour progresser et améliorer tout ça.

Pour conclure

Pour conclure ce fut une aventure très enrichissante, avec des rencontres très sympas, j’ai vu défiler de très jolis modèles et j’ai beaucoup apprécié. J’ai appris beaucoup de cette expérience et j’espère que vous prendrez tout autant de plaisir à découvrir cette série. Le travail final est perfectible, je dois et je ferais mieux à long terme mais c’est un bon départ. En tous les cas je remercie très très chaleureusement toutes les cavalières qui ont participé : pour leur gentillesse, leurs disponibilités, m’avoir supporté aussi (pas facile ça parfois) et leur patience. Un très très gros merci !

La série est à découvir ici : https://www.graindepixel.fr/dombres-et-de-lumieres/

Et si ça vous dit… Vous pouvez me soutenir…

Si vous êtes tentés d’accrocher une vraie photo dans votre salon ou dans une chambre, pour changer des posters de cheval magazine sur papier traditionnel je vous propose de passer commande de superbes tirages très haut de gamme : sur plaque d’aluminium le tirage papier sera contrecollé dessus par un artisan au savoir faire incomparable.

Une photo tirée sur papier d’art : des vrais noirs, des couleurs profondes, une netteté impeccable. Ainsi qu’une durée de vie très très longue bien loin des papiers photos de grande surface qui jaunissent au bout de quelques années voire quelques mois. Un véritable beau produit. Qui a son prix certes mais c’est beau et surtout ces photos ont une histoire, une âme.

L’ensemble des photos sur le site (hors cavaliers) sont disponibles à la vente en tirage numéroté et en série limitée. Donc attention certaines ne seront peut être pas disponibles très longtemps. Ce sont des tirages à 30 exemplaires et pas un de plus. Sachez que chaque tirage vendu; enfin la faible marge qui reste; financera d’autres projets photographiques à venir et non pas un enrichissement personnel. Qui a dit que les photographes gagnaient de l’argent 😀 ? Nan ça existe ? :p

Pour plus d’info : vous avez le menu “Contact” en haut et vous pouvez m’envoyer un pti message ou encore la page Facebook Grain de Pixel

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