Lorsque j’ai décidé de me mettre à la photo studio avec les chevaux j’ai dû me confronter à pas mal de problématiques. En effet la discipline équestre n’est pas représentée ou peu dans le milieu de la photo. Il est donc rare de trouver des fabricants qui pensent à votre usage et développer du matériel adapté. Je vais vous raconter grossièrement comment j’ai étudié mon prototype de fond. Je cherche encore à préparer la version 2 mais faute de temps… A savoir que le but final est d’allier solidité, résistance et budget maitrisé.

Contraintes

Pour pouvoir shooter un cheval en studio j’ai débuté avec… un drap. Oui un simple drap noir délavé. J’aurais très bien pu investir dans un vrai fond studio. Mais, car il y a un mais. Ce fond allait trainer dans les écuries donc sable, copeaux, poussières. Je ne savais pas encore trop comment m’y prendre. Donc pourquoi dépenser de l’argent alors que je pouvais aisément tester avec peu de moyens.


Les essais

J’ai donc commencé à tester avec mes pieds de flashs très basiques, un bout de tube posé entre les deux pour servir de support, attaché mon drap avec les moyens du bord. Comme on le sait pour que le fond reste sombre on écarte le modèle au maximum du fond. Moins la lumière l’éclaire plus il conserve son ton foncé. Ajoutez à ça les réglages de l’appareil, une petite ouverture et mon fond était parfait. Sauf que ce n’était pas très grand. Je me suis donc trouvé limité à des portraits. Quelques portraits en pied mais avec une obligation de faire du rapiéçage sous Photoshop pour dupliquer les morceaux de fonds manquant.

Comment réussir à concevoir un vrai fond

Il fallait donc trouver un fond assez grand et assez haut. J’ai fouillé sur le net pour trouver des vidéos backstage de grands photographes mais ce fut un véritable chemin de croix. J’ai exploré les fonds de Youtube jusqu’à dénicher quelques vidéos. Grâce à l’aide de ces supports et après de moult visionnages j’ai pu trouver une vidéo, une seule avec quelqu’un qui a eu la même problématique.

Seul hic : pas plus d’explications sur les éléments utilisés  comme la taille idéale, comment ranger et plier la toile.

Après avoir défini une longueur de 6 mètres et une hauteur de 3 mètres il fallait un fond tissu. Impeccable les standards sont souvent du 3×6 m. Sauf que moi j’avais l’intention de l’utiliser dans l’autre sens. Me voilà donc parti à acheter un fond à bas prix pour mes expériences.

Avec un drap on peut faire des choses, certes avec du travail en post production bien entendu….

Contrainte numéro un : le transport

Comme je ne dispose pas d’utilitaire ou de pickup up il était impératif d’avoir un équipement offrant un encombrement minimum. Donc loger dans mon coffre de voiture. Et là ça réduit drastiquement les possibilités. De plus il était impératif que je puisse transporter, monter et démonter la structure seul et sans aide de qui que ce soit. Un autre moyen de réduire encore plus le panel de possibilités.

Supporter tout

La contrainte des supports étaient d’être capable de résister à un minimum au vent. Et oui dans un manège les courants d’air sont légion. Avec 18 m² de tissu il fallait impérativement que je trouve des supports capables de résister pour que ça ne finisse pas par terre en moins de deux. Et ne pas me ruiner non plus puisque je ne savais pas du tout si le prototype serait viable. Je suis donc passé via le site Thomman.de et j’ai dégoté des pieds de sono… Tout simplement. Avec une capacité de charge incroyable j’avais l’outil idéal.

Reste que le poids de l’engin c’est autre chose que mes petits pieds de flash. Mais qui dit poids dit stabilité. Donc 3 pieds pour équilibrer cette toile et « rigidifier » 6 mètres de long de tissus et capable de monter à plus de 3 mètres de haut. J’ai trouvé les articles adaptés mais ce fut complexe. Beaucoup se limitent à 2.50m. Ils ont subis une petite modif au niveau de la tête avec des sortes de petits étais pour supporter la barre transverse et la verrouiller.

Mais la barre transversale ?

Et oui il fallait désormais trouver un moyen de poser le tissu sur une longueur de 6m. Où trouver de quoi poser sur les pieds. Il fallait une solution simple, pas trop galère et transportable. Et là j’ai eu la chance d’avoir quelqu’un dans la famille qui a eu l’idée ! Du tube de tente. Et oui nos bonnes vieilles grosses tentes familiales ! On a ainsi récupéré des tubes emboitables qui sont reliés par des ressorts. De cette manière ça se replie, ça se démonte et se monte seul et sans effort. Pas besoin d’emboiter chaque morceau et prendre le risque d’en voir un bout se déboiter en plein montage. Le ressort apportait la rigidité de l’ensemble. Une fois monté c’était d’une simplicité de hisser les 6 mètres de tubes emboités et les poser sur les pieds.

Voici le support maison réalisé par un ami plus bricoleur que moi. C’est à la base issu d’un système d’accroche de pousse seringue électrique ^_^

Comment accrocher cette toile

Là aussi un nouveau souci résolu : mettre des crochets le long de la barre de support. Puis ensuite sertir des œillets dans toute la longueur de la toile. De cette façon il ne restait plus qu’à accrocher la toile comme un rideau si je puis dire. Bien placé ces œillets apportent une certaine tension au tissu. Les anneaux sur les deux côtés montant sont ajustés avec des petits tendeurs autour des pieds apportant à leur tour de la rigidité. Le bas est en cas de besoin lesté par des petits poids accrochés à la toile.

Monter et remonter

Pour dérouler la toile sans trop la salir il a suffit de passer des petites sangles dans les œillets. Ainsi on peut dérouler progressivement la toile lors du montage des pieds. Lorsque c’est terminé, il suffit de défaire et tirer sur la sangle pour la faire passer entièrement derrière le fond. Pour inverser il suffit de prendre un outil pointu comme une fourche (quand j’ai oublié mon crochet)  ou un crochet en fil de fer et faire glisser doucement la sangle. La boucle bloque la sangle et l’empêche ainsi de sortir des œillets. Ensuite la toile se roule d’elle même. Il suffit ensuite de la décrocher des anneaux et de replier le boudin de tissu. Puis de ranger l’ensemble dans un grand sac. Forcément ça génère des plis. Mais au moins pas de toile par terre qui récolte le sable et la poussière.

Le système d’enroulement déroulement à base de sangle. Système D mais au moins qui a le mérite d’être efficace.

A ce jour

A ce jour je n’ai pas encore eu le temps de faire bien évoluer le fond. La barre transversale est en cours de changement pour du tube carré (plus résistant et moins soumis aux courbures) avec un emboitement assez profond pour pouvoir être monté seul sans que cela bouge. J’essaierais de publier des photos sur cet article lors d’une mise à jour. De plus il est plus facile de ranger l’ensemble, sans oublier le fait que je monte un support de largeur voulue par tranche de 1 mètre environ. Donc adaptable en fonction de mes besoins.

La toile est de mauvaise qualité et trop transparente il va donc falloir investir dans un fond plus qualitatif. Là il suffit d’écarter le modèle du fond pour obtenir un fond grossièrement uniforme mais les défauts sont quand même là. Encore une fois le tissu devra résister aux poussières et ne pas accrocher de trop. Le budget sera forcément conséquent.

J’ai abandonné l’idée du tissu au mètre au vu de l’énorme travail de couture à produire. Cependant avec un artisan avec des machines adaptées c’est à réfléchir. Reste que le tissu idéal n’existe pas et que c’est difficile de choisir : toile de bâche, tissu extensible, tissu épais et lourd mais avec risques de peluches et d’accroche de la poussière etc.

J’ai songé un temps à assembler deux panneaux de tissus de 3×3 mètres avec un “joint” en velcro, mais la poussière rend le velcro fragile sur le temps, ou encore avec des boutons pressions. Là pour favoriser un usage selon le besoin c’est à dire avoir un fond de petite taille ou grande taille. Mais c’est toujours pareil il faut voir l’utilité éventuelle à l’usage. Vaut il mieux avoir deux fonds dédiés ou pas.

Les pieds font leur travail. Je pense qu’il sera difficile de faire mieux. Du moins à budget équivalent. Il doit exister mieux avec des coulisses plus confortables mais là encore on touche à des critères de confort pur. Question stabilité on st bien car au delà le poids du pied devra forcément être plus lourd ou alors avoir une embase plus large.

Test avec flashs allumés, comme on le voit la toile est tendue, le fond assez sombre mais pas bien entendu suffisamment noir. On remarque les effets de transparence :/

Le rendu

Au final c’est vraiment bien. Je pense que 4 mètres de haut ne serait pas un mal quand quelqu’un est à cheval. A 3 mètres le fond n’est pas toujours assez haut. Je fais avec mais à choisir j’aimerais un peu de marge. Au montage je dirais 20 minutes voire 30. Le plus dur étant d’amener tout le matériel sur site. Pas simple si le manège est peu accessible. Mais au besoin j’ai acquis un chariot de transport pour m’aider au besoin. Le problème des plis restera toujours avec un fond tissu c’est impensable de bannir ce problème.

Un rendu pas si mauvais bien au contraire. La faible qualité de la toile nécessite du travail en post production, mais de toute façon avec un fond tissu il est indispensable de retoucher les plis donc le problème persistera même avec une toile plus qualitative.

Conclusion

Pour l’investissement je suis assez content du résultat : une centaine d’euros pour tout.  J’ai ainsi évité de dépenser des fortunes dans des supports haut de gamme qui ne sont pas adaptés à on usage ou capable de survivre dans une écurie. J’ai, à l’aide de personnes compétentes (j’ai deux mains gauches) réussi à faire un outil sur mesure que je peux charger seul, monter seul, démonter seul et faire loger le tout dans un coffre de berline.

Avec le temps et si l’usage devient plus intensif il faudra rapidement investir dans des matériaux de qualité pour la toile. Sinon le système est et reste vraiment pratique à l’usage. Il s’est cassé la binette une fois. Rien de cassé mais le vent était un peu trop présent dans un manège avec des ouvertures qui n’aidaient pas à garder le volume d’air stable. Mais sacré bazar à relever.

A chacun de voir ses besoins suivant sa façon de travailler. Moi je sais que grâce à ce système je suis autonome et prêt à shooter en 20-30 minutes flashs déployés et allumés.

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